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dimanche 3 avril 2016
mardi 23 février 2016
éditorial de lundi 22/02
Code du travail : une provocation qui ne doit pas rester sans réponse
La
loi sur le Code du travail qui sera présentée par la ministre du
Travail, Myriam El Khomri, a été dévoilée. Ce projet, écrit sous la
dictée du Medef, est une nouvelle déclaration de guerre contre le monde
du travail.
Le gouvernement parle de « flexi-sécurité ». On voit bien la
flexibilité ! Toutes les limitations de la durée du temps de travail
sautent. Par accord d’entreprise, la durée maximale pourrait être portée
à 12 h par jour et à 48 h par semaine. Et avec accord de l’inspecteur
du travail, elle pourrait même aller jusqu’à 60 h.
Non seulement les 35 heures n'existent plus que sur le papier, mais
les heures supplémentaires seront de moins en moins payées puisque la
majoration légale descendrait à 10 % et puisqu’il deviendrait possible
de les comptabiliser sur une, deux, voire trois années.
Mais où est la sécurité ? Où est la sécurité quand les salariés
pourront être licenciés dès que les commandes de l’entreprise
baisseront, ou dès que la direction prétextera un manque de
compétitivité ? Où est la sécurité quand le gouvernement s’échine à
défaire le mince filet de protection que constituent les indemnités
prud’homales ?
Et ce n’est sûrement pas en réduisant les allocations chômage que le
gouvernement « sécurisera » les salariés alors qu’il y a six millions de
chômeurs !
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samedi 13 février 2016
Avant le remaniement comme après, un gouvernement de combat contre le monde du travail
Communiqué du 11/02/2016
Beaucoup
de bruit pour rien ! Hollande et Valls se vantent du « renouvellement »
du gouvernement, mais en matière de renouvellement, ils n’ont rien
trouvé de mieux que de recycler l’ancien Premier ministre Jean-Marc
Ayrault.
Quelques nouveaux noms n’y changeront évidemment rien – ce gouvernement restera fidèle à sa ligne : être aux ordres du Medef et du grand patronat. De la destruction programmée du Code du travail à la baisse annoncée des indemnités chômage, en passant par les milliards distribués à fonds perdu aux licencieurs, le gouvernement Valls 1, 2 ou 3 reste l’ennemi de tous les travailleurs. Ceux-ci n’auront d’autre choix que de le combattre pour mettre fin à la dégradation catastrophique de leurs conditions de vie et de travail.
Quelques nouveaux noms n’y changeront évidemment rien – ce gouvernement restera fidèle à sa ligne : être aux ordres du Medef et du grand patronat. De la destruction programmée du Code du travail à la baisse annoncée des indemnités chômage, en passant par les milliards distribués à fonds perdu aux licencieurs, le gouvernement Valls 1, 2 ou 3 reste l’ennemi de tous les travailleurs. Ceux-ci n’auront d’autre choix que de le combattre pour mettre fin à la dégradation catastrophique de leurs conditions de vie et de travail.
Nathalie ARTHAUD
mercredi 10 février 2016
éditorial du 08/02/2016
Migrants : honte aux dirigeants européens !
Alors
qu’Alep est bombardée sans relâche depuis plus d’une semaine par
l’armée de Bachar al-Assad et l’aviation russe, des dizaines de milliers
de Syriens ont fui et sont bloqués à la frontière turque dans des
conditions effroyables.
Pour se dédouaner, les Européens exhortent la Turquie à ouvrir sa
frontière. Il faut, bien sûr apporter une aide d’urgence à ces milliers
d’hommes, de femmes et d’enfants à bout de force. Mais les dirigeants
européens, qui donnent des leçons d’humanité à la terre entière, n’ont
décidément aucune honte !
S’il y a, chaque semaine, des dizaines de noyés en mer Egée, c’est
parce qu’ils ont fermé les frontières de l’Europe. Au sein même du
continent, ils ont encore érigé des murs et des barbelés. Si bien que
ceux qui ont survécu à la traversée de la Méditerranée doivent encore
prendre le risque de mourir écrasés, électrocutés ou épuisés avant de
parvenir dans le pays où ils pensent avoir un avenir.
Face à la Turquie, les dirigeants de l’UE brandissent la Convention
de Genève qui oblige à accueillir les réfugiés, mais, ils refusent de le
faire eux-mêmes. Sans parler de l’Allemagne et la Suède qui ont adopté
leur propre politique, les 26 autres pays de l’UE se sont péniblement
mis d’accord pour relocaliser, comme ils disent, 160 000 migrants. A ce
jour, ils n’en ont pas accueilli 1000, quand la Turquie compte 2,5
millions de réfugiés.
L’Union européenne a sous-traité la gestion des réfugiés à la Turquie
et à la Grèce. En échange d’une aide financière, ces deux pays sont
censés renforcer leurs contrôles aux frontières et faire le tri entre
« vrais » et « faux » réfugiés, étant entendu qu’aux yeux des
gouvernants, la misère et la famine ne font pas partie des persécutions.
Exactement comme les villes riches payent des amendes plutôt que de
construire leur quota de logements sociaux, l’UE paye la Grèce et la
Turquie pour recevoir le moins de migrants possible. Et, comme des
migrants arrivent encore à passer entre les mailles du filet, voilà
maintenant, qu’elle menace de couper les vivres à ces deux pays !
C’est une politique abjecte, de bout en bout. Les dirigeants
européens sont de ceux qui ont semé le chaos au Moyen-Orient. Pour
préserver leurs intérêts dans la région, ils se sont alliés aux pires
dictatures, ont armé telle bande contre telle autre, sans jamais se
soucier des populations.
Et ils continuent, aujourd’hui, en rejetant les femmes et les hommes
victimes de ces guerres, de l’oppression et de la misère qui en
découlent. Pire, ils les traitent comme des pestiférés. Car il n’y a pas
d’autre mot !
Cette semaine, un politicien belge a demandé aux habitants de
Zeebruges de ne pas nourrir les migrants qui essayent de passer en
Angleterre !
En France, le moindre centre d’asile fait l’objet d’oppositions et de
fantasmes. C’est d’autant plus révoltant que les demandeurs d’asile
n’arrivent qu’au compte-gouttes et que le plus gros « problème » est
posé par les 4 000 ou 5 000 migrants du camp de Calais, qui ne rêvent
que de partir !
Tout est fait pour tuer tout élan de solidarité. Tout est fait pour
que l’on ne puisse pas s’identifier à ces femmes et ces hommes. On nous
parle d’afflux massif ou de submersion, comme si un continent de 500
millions d’habitants ne pouvait pas venir en aide à deux ou trois
millions de personnes. Comme si avec de l’organisation et un peu de
moyens, il n’était pas possible de leur donner refuge dans des
conditions dignes !
En France, du Front national au gouvernement PS, tous
instrumentalisent les peurs et agitent la nécessité de se méfier des
migrants, de sécuriser les frontières, de multiplier les contrôles. Ils
se servent des migrants comme d’un chiffon rouge pour faire diversion et
faire oublier les véritables responsables de la catastrophe du chômage,
des inégalités et du recul de nos conditions de vie.
Pour conserver le pouvoir, les dirigeants ont intérêt à ce que les
travailleurs se divisent et s’opposent. Ils ont intérêt à ce que les
pauvres s’en prennent à d’autres pauvres. Les migrants sont utilisés
comme des boucs émissaires pour canaliser la colère des classes
populaires.
Ce qui dérangerait les possédants, c’est que les migrants et les
travailleurs d’Europe s’entendent et se reconnaissent comme faisant
partie de la même classe des exploités : des exploités confrontés aux
bombes et acculés à la misère et à l’exode pour les migrants ; des
exploités confrontés au chômage et à l’exploitation ici.
Tous ces maux ont une source unique, la course au profit et la
domination d’une minorité sur toute la société. Et c’est ensemble que
nous pourrons la combattre.
lundi 25 janvier 2016
Conseil Départemental de l'Essonne (91) : Les agents en colère !
La colère gronde
chez les agents de l'Essonne contre le projet de budget du Conseil
Départemental qui prévoit une série d'attaques contre les
personnels et les services sociaux :
Au prétexte de la
dette du département, celui-ci voudrait carrément supprimer les 9
jours de congés qui étaient octroyés en plus des 5 semaines
légales ! Cette décision s'ajoute à la suppression de primes. C'est
aussi le fonctionnement des services sociaux qui est attaqué puisque
depuis le début de l'année il n'y a plus aucun
moyen pour les assistantes sociales de payer une chambre d'hôtel
pour l'hébergement d'urgence de femmes ou de mineurs, alors même
que les foyers sont tous pleins... Pour couronner le tout, Durovray,
le président (LR) du Conseil Départemental, a aussi annoncé des
reports de paiement aux associations d'arriérés de plusieurs mois
de l'année 2015, paiements qui seraient étalés sur 6 ans… de
quoi paralyser bien des associations et pousser à des suppressions
d'emplois.
Autant dire que
l'assemblée générale du vendredi 15 janvier, qui a réuni près de
500 participants, a vu s'exprimer la colère. Et lundi matin c'est près
de 700 agents, des services départementaux d'Evry mais aussi venus
de dizaines de collèges, ou encore de très nombreuses assistantes
sociales des Maisons des Solidarités, qui se sont retrouvés tous
ensemble à Evry. Casseroles et sifflets ont répondu aux grilles
fermées du Conseil Départemental et aux gaz lacrymogène de la
police !
La droite aux
affaires depuis les dernières élections a beau jeu d'accuser la
gauche d'être responsable...cela ne trompe personne. La tentative de Guedj l'ancien président (PS) du Conseil
Général de prendre la parole face aux manifestants a été huée autant que le refus de
Durovray le président de la majorité de droite actuelle de recevoir
une délégation !
Pas question d'en
rester là et d'accepter les conséquences de leur politique : des préavis sont déposés pour toute la semaine
et rendez-vous a été pris pour une nouvelle manifestation vendredi
matin prochain à Evry.
dimanche 24 janvier 2016
Turquie : les travailleurs de Renault Bursa toujours mobilisés
Brève du site LO (19/01/2016)
Suite à la grève du printemps 2015, partie de
l'usine Renault de Bursa (Turquie) entraînant plusieurs dizaines de
milliers de travailleurs de la métallurgie, le gouvernement turc a
annoncé récemment une hausse du salaire minimum de plus de 35%. À
Renault Bursa, les travailleurs se mobilisent à nouveau pour que cette
augmentation soit répercutée sur tous les salaires ouvriers.
Ils font la grève des heures supplémentaires et
manifestent régulièrement en fin d'équipe. Dans une vidéo datant de
vendredi 15 janvier, on voit les travailleurs de l'équipe du matin se
regrouper en arrivant, s'organiser selon les différents secteurs de
l'usine, pour revendiquer la hausse de tous les salaires.
Ils crient à l'adresse de la direction "tu dois payer
!", ou encore "tous ensemble !" et "Vive l'unité des travailleurs de
Renault !
Cette vidéo est visible sur le lien suivant :
mardi 19 janvier 2016
Conseil Général de l'Essonne : Les agents se mobilisent
Les agents du Conseil Général de l'Essonne ont
participé massivement (à plus de 500) à une réunion d'information
organisées par leurs syndicats vendredi dernier.
L'ambiance était à la colère puisque l'Assemblée
départementale annonce qu'elle voudrait leur supprimer 9 jours de congés
annuels, et des primes, au prétexte qu'elle ne peut plus faire face à
sa dette. Comme si celle-ci était de la faute des employés du
département !
Un appel à la grève est lancé pour se rassembler
lundi matin 25 janvier, jour du vote du budget. Les agents ont mille
fois raison de ne pas se laisser faire.
mercredi 13 janvier 2016
Goodyear : une condamnation révoltante
Communiqué
12/01/2016
Huit travailleurs de Goodyear Amiens-Nord ont été condamnés mardi
12 janvier à neuf mois de prison ferme, plus quinze mois avec sursis,
parce qu’ils se sont battus contre la fermeture de leur usine et ont
alors retenu deux cadres pendant plusieurs heures. Ainsi, les patrons
peuvent jeter à la rue, vers la misère voire vers le suicide les
travailleurs, tout cela est « juste ». Mais que des travailleurs
relèvent la tête et ne se laissent pas faire, et c’est la menace de la
prison !
Après la chemise déchirée des cadres d’Air France, le gouvernement
et la justice montrent à nouveau qu’ils considèrent les ouvriers qui
défendent leur emploi comme des criminels. Il n’y aurait pas eu de
poursuite si le parquet, et derrière lui le gouvernement et la ministre
de la Justice Taubira, avait retiré sa plainte, comme la direction de
Goodyear et les deux cadres concernés eux-mêmes l’ont fait.
L’acharnement dont sont victimes les ouvriers de Goodyear est à l’image
de la politique du gouvernement, ignoble !
Alors, solidarité et relaxe pour les travailleurs de Goodyear !
Nathalie ARTHAUD
lundi 4 janvier 2016
Deux brèves sur le département et la région
Athis-Mons (Essonne)
Après Chilly et
Wissous, Athis-Mons est la troisième municipalité « Les
Républicains » du département à supprimer les repas « sans
porc » à la cantine. Elles abritent leur décision derrière
la "neutralité laïque" mais on voit bien le racolage vis
à vis des idées d'extrême-droite les plus nauséabondes, et tant
pis si ce sont des enfants qui en sont les victimes !
Les cantines
scolaires sont, surtout pour les plus modestes, l'occasion d'un repas
essentiel, Alors c'est tous les jours que tous les enfants devraient
avoir plusieurs plats et du choix. Ça n'est pas l'objectif de ces
décisions écœurantes.
Transports en Ile-de-France
La région s'en prend aux travailleurs étrangers les plus pauvres
Lors de son discours d’investiture à la tête du Conseil Régional,
Valérie Pécresse, élue LR, a annoncé qu’elle mettrait fin à la réduction
de 75% sur les titres de transports accordée aux étrangers bénéficiant
de l’Aide Médicale d’Etat (AME) afin, dit-elle, de ne plus favoriser
l’immigration illégale. Cette aide médicale est accordée aux étrangers
sans papiers vivant avec moins de 720 euros par mois.
Avec cette annonce, Valérie Pécresse continue à véhiculer des
préjugés anti-immigrés pour faire passer des économies sur le dos des
plus pauvres. Son but est de préparer des attaques contre l'ensemble des
classes populaires en nous divisant.
Entre la droite et le FN, il n'y a pas l'épaisseur d'une feuille de papier à cigarette.
dimanche 3 janvier 2016
Cercle Léon Trotsky
Les combats pour l’émancipation des femmes et le mouvement ouvrier
Grande salle de la Mutualité
24, rue Saint-Victor, Paris 5e
Métro Maubert-Mutualité
Participation aux frais : 3 euros
samedi 26 décembre 2015
Les Le Pen, une famille bourgeoise ordinaire
Brève
23/12/2015
Les Le Pen, père et fille, ne se sont pas brouillés dans
tous les domaines. Ils sont soupçonnés de minimiser de 60% le patrimoine
qu'ils ont déclaré comme députés européens. Selon la Haute Autorité
pour la transparence de la vie publique, les Le Pen, qui possèdent entre
autres le manoir de Montretout à St-Cloud, ne montrent pas tout.
Pour obtenir les voix des classes populaires, Marine Le Pen ose
parler au nom du "peuple". Elle est en réalité une représentante du
monde bourgeois dont elle partage toutes les moeurs... fraude comprise !
Déchéance de la nationalité : Hollande fait les poubelles du FN
Brève
23/12/2015
Malgré les remous provoqués dans leur propre majorité et
même jusqu'au sein du gouvernement, Hollande et Valls ont décidé
d'inscrire dans la Constitution la peine de déchéance de la nationalité
pour les binationaux nés en France et condamnés pour terrorisme. Une
telle mesure, reprise directement dans le programme de l'extrême-droite,
mise en oeuvre il y a 75 ans sous le régime de Pétain, défendue par les
plus réactionnaires des députés de droite, n'empêchera aucun terroriste
de se faire exploser au milieu d'une foule. Elle ne servira qu'à jeter
la suspicion sur tous les enfants d'immigrés, considérés a priori comme
des terroristes potentiels.
Avec cette mesure, Hollande veut couper l'herbe sous les pieds des
politiciens de droite pour prendre la tête du rassemblement
droite-gauche initié entre les deux tours des régionales.
Pour sauver son poste à l'Elysée, Hollande est prêt à faire les poubelles de l'extrême droite.
dimanche 13 décembre 2015
Communiqué 13/12/2015
Après le deuxième tour des élections régionales
Bien
qu’en situation de l’emporter dans au moins trois régions, le Front
national n’est parvenu à en conquérir aucune. Comme le montre la
participation en hausse, il y a eu, dans toutes les régions, un réflexe
de rejet du Front national.
Dans l’éventail des partis bourgeois, le FN est le plus
réactionnaire qui soit. Il distille le poison de la division dans le
monde ouvrier et une fraction importante de l’électorat en est
consciente.
Parmi ceux qui craignaient que le FN prenne une région, c’est donc un
soulagement, mais un soulagement qui risque d’être de courte durée.
Il faudrait être naïf pour croire que la victoire d’Estrosi en Paca
ou celle de Bertrand dans le Nord protège les habitants de ces régions
des idées crasses du FN. Si le Front national ne l’a pas emporté au
second tour, il atteint dans toutes ces régions des scores très élevés.
La montée du FN pèsera sur la vie politique et sociale. D’autant plus
que la droite comme le PS en amplifieront la pression, engagés qu’ils
sont dans la compétition pour regagner l’électorat du FN, en reprenant
son discours sécuritaire et réactionnaire.
Le PS se félicite d’avoir fait barrage au FN en retirant ses listes
dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie et en Provence-Alpes-Côte d'Azur et
en appelant à voter pour la droite, y compris dans le Grand Est où le
notable socialiste avait, contre les consignes du PS, refusé de se faire
harakiri. Et, tout cela, au nom de la défense des valeurs de la
République.
Elle est belle, leur République, qui ne laisse à l'électorat que le
choix entre la droite et l'extrême droite, c'est-à-dire entre pire et
pire encore ! Elle est belle, leur démocratie où le summum du courage
politique est d’abdiquer et de renier ses idées !
Même la direction du PC s’est couchée devant les hommes de droite.
Pendant des années, elle a expliqué qu’il fallait à tout prix « battre
la droite ». En 2012, pour battre Sarkozy, elle a appelé à voter
Hollande au second tour de la présidentielle. Et voilà qu'elle vient de
contribuer à faire élire un Estrosi et un Bertrand, deux hommes de
droite parmi les plus détestables !
Et faut-il rappeler que la gauche gouvernementale avait déjà appelé à
voter Chirac en 2002 en brandissant la nécessité de faire barrage à Le
Pen, qui n'avait pourtant, à l'époque, aucune chance d'être élu ?
De trahison en abdication, la gauche a fini par déboussoler et
écœurer son propre électorat. Une majorité de cet électorat populaire a
pris l'habitude de se réfugier dans l'abstention. Mais une minorité
croissante a remplacé ses illusions dans les partis de gauche par celle,
plus grave, du FN.
Le Front National se pose en alternative alors qu'il n'a rien d'autre
à vendre, comme programme politique, que son chauvinisme, sa haine de
l'étranger et ses préjugés crasses. Pour le reste, il aspire, comme les
autres, à gouverner pour le compte du grand patronat et des banquiers.
Car malgré ses slogans démagogiques en direction des travailleurs, il
est d’abord et avant tout un défenseur de l’ordre bourgeois.
Un des pires poisons que la gauche gouvernementale a distillés depuis
des décennies parmi le monde du travail, c'est l'espoir qu'ils peuvent
changer leur vie en votant bien. Là est la tromperie fondamentale. Le
sort des travailleurs ne dépend pas des pantins que les exploités ont le
droit d’élire et qui s'agitent sur le devant de la scène politique. Il
dépend du pouvoir de la grande bourgeoisie, de ceux qui détiennent le
capital et dominent la vie économique.
Les partis qui ne combattent pas cet ordre social, le pouvoir du
grand patronat et de la finance, ne peuvent que trahir les promesses
qu'ils font aux classes populaires. C'est ainsi de tout temps, et plus
encore en cette période de crise de l'économie capitaliste où cette
minorité ne peut prospérer qu'en poussant encore plus les exploités dans
la pauvreté.
Alors, il n'y a ni à se réjouir ni à s’attrister de ce énième épisode
électoral. La force des travailleurs n'est pas dans les urnes, mais sur
le terrain, dans les entreprises qu’ils font fonctionner, dans les
quartiers populaires. Leur sort ne dépend pas de résultats électoraux,
mais de leur capacité à se battre collectivement avec leurs armes de
classe, les grèves et les manifestations.
Individu par individu et, même, entreprise par entreprise, les
travailleurs ne font pas le poids face à la puissance du grand capital.
Tous ensemble, ils représentent une force invincible. Mais ils ne
peuvent se battre efficacement que s'ils rejettent toute illusion dans
les politiciens de la bourgeoisie et s’ils savent clairement qui sont
leurs ennemis, même lorsqu'ils se déguisent en faux amis. C'est de cette
prise de conscience des travailleurs que dépend leur capacité à se
défendre contre les attaques de la grande bourgeoisie et à mettre fin au
règne du capital.
dimanche 6 décembre 2015
Après le premier tour des élections régionales du 6 décembre 2015 (Communiqué de presse)
Les
résultats de ce premier tour des élections régionales reflètent
l’évolution réactionnaire de la société en même temps que la
désorientation de l’électorat populaire et la perte de repères de la
classe ouvrière.
L’expression la plus frappante de cette évolution est la progression
en voix du Front national dans la quasi-totalité des régions, ce qui a
permis au parti d’extrême droite d’arriver en tête dans six d’entre
elles.
L’expression électorale du recul ne se limite cependant pas à cela.
La campagne électorale de la droite a été entièrement dominée par sa
compétition avec l’extrême droite sur le terrain de cette dernière.
Quant au Parti socialiste, non seulement il a repris à son compte le
langage sécuritaire du FN, mais étant au pouvoir, il en a réalisé
l’application en instaurant l’état d’urgence, d’une efficacité limitée
pour combattre l’horreur terroriste mais qui étouffe la contestation de
la politique gouvernementale sur sa gauche et pèse sur les mouvements
sociaux.
Le FN encaisse les dividendes électoraux de la banqueroute du PS au
pouvoir. Il est significatif qu’il réalise un de ses meilleurs scores
dans la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, région à forte tradition
ouvrière. Une partie de l’électorat traditionnel du PS et du PC, écœurée
par la politique du gouvernement, ses reniements et sa servilité
vis-à-vis du grand patronat, s’est abstenue. D’autres électeurs se sont
ajoutés à l’électorat traditionnel de l’extrême droite, faisant du FN le
parti le plus influent de la région. C’est une partie de son propre
électorat que la gauche réformiste a poussée dans les bras du FN.
C’est l’aboutissement de décennies d’évolution politique où les
partis qui prétendaient représenter le monde du travail ont renié, au
fil du temps, toutes les valeurs du mouvement ouvrier et foulé au pied
les intérêts des travailleurs dès qu’ils étaient au gouvernement.
Ces partis ne s’en relèveront peut-être pas, mais la classe ouvrière, elle, se relèvera.
Le FN est un parti aussi dévoué aux intérêts de la grande
bourgeoisie, qui domine la société capitaliste, que les partis de droite
et le PS, mais avec un langage plus réactionnaire encore et, si les
circonstances s’y prêtent, avec des méthodes plus ouvertement
anti-ouvrières.
La classe ouvrière n’a cependant rien perdu de la force que lui
donnent son nombre et sa place incontournable dans l’économie. La tâche
la plus importante de notre époque pour ceux qui se revendiquent du camp
des travailleurs, pour les militants ouvriers, est d’œuvrer pour que la
classe ouvrière retrouve confiance en sa force et pour qu’elle retrouve
la conscience du rôle qu’elle est la seule à pouvoir jouer contre
toutes les formes de barbarie en combattant leur fondement commun :
l’exploitation.
Les travailleurs n’ont jamais eu à espérer un changement de leur sort
par les élections. Ils n’ont pas non plus à s’en désespérer. Le rapport
de force entre la bourgeoisie exploiteuse et les masses exploitées ne
se détermine pas dans les urnes, mais dans les affrontements de classe.
Nous faisons pleinement confiance à la classe ouvrière et à sa capacité à
retrouver la conscience de ses intérêts politiques et de sa force.
Dans les régions où le FN risque de conquérir l’exécutif régional, ce
sont les coalitions de droite qui viennent en deuxième position.
Tout en rejetant le Front national, il n’est pas question pour Lutte
ouvrière de défendre auprès de son électorat l’idée que des hommes de
droite, avec des idées aussi crasseuses, puissent servir de rempart
contre le parti d’extrême droite. Quant à voter pour une liste
socialiste, cela ne servirait à rien et ce serait remercier le PS
d’avoir fabriqué le succès de l’extrême droite.
Gauche gouvernementale, droite ou extrême droite, elles sont toutes
prêtes à s’en prendre aux immigrés, aux associations, aux libertés
publiques. Celles qui ont une parcelle de pouvoir le font déjà. Ce n’est
pas aux travailleurs conscients de choisir laquelle des cliques
bourgeoises prendra les mesures contre les classes populaires.
Il ne reste aux électeurs du monde ouvrier qui refusent au deuxième
tour de choisir entre la peste et le choléra, non par désintérêt pour la
politique mais par conscience, qu’à glisser dans l’urne un bulletin
affirmant son appartenance au « camp des travailleurs ».
Les élections régionales passées, les travailleurs auront à se
défendre contre le grand patronat et l’État par le seul moyen efficace :
la lutte collective.
Quant à Lutte ouvrière, elle continuera à œuvrer pour que le camp des
travailleurs se donne un parti qui représente réellement ses intérêts
matériels et politiques.
Même s’ils ne constituent qu’une petite fraction de l’électorat
populaire, ceux qui ont voté pour les listes Lutte ouvrière peuvent être
fiers de représenter l’avenir, la renaissance du mouvement ouvrier
capable de combattre la société d’exploitation et d’y mettre fin.
jeudi 3 décembre 2015
Manifestation samedi 14h place Stalingrad à Paris
Manifestation contre le chômage et la précarité
Les
organisations de chômeurs AC!, APEIS, CGT Chômeurs et MNCP appellent à
manifester contre le chômage et la précarité le samedi 5 décembre à 14
heures place Stalingrad à Paris. Lutte Ouvrière s'associe à cet appel et
participera à la manifestation.
dimanche 29 novembre 2015
Brétigny-sur-Orge (Essonne) Entreprise PIXMANIA : les mauvais coups se préparent dans le secret !
L'entreprise
Pixmania, dont le siège est à Asnière, est une entreprise de
logistique. En difficulté depuis des années, elle avait été
vendue en 2013 au groupe allemand Mutares. Celui-ci veut aujourd'hui
revendre sa filiale, après l'annonce de difficultés financières.
Pour les salariés, pas moyen d'avoir la moindre information et
encore moins de la vérifier ! Que reste-t-il dans les caisses ?
Comment savoir si les difficultés annoncées sont réelles ou
fictives ?
Vendredi
27 novembre, une soixantaine des 86 salariés du site de Brétigny se
sont mobilisés pour dénoncer cette situation inacceptable. Ils ont
dénoncé l'actuelle direction du groupe accusée d'organiser
volontairement la « faillite » de sa filiale pour le
profit de ses actionnaires...
A
Pixmania comme ailleurs, il faut interdire les licenciement et pour
cela contrôler vraiment les comptabilités des actionnaires et
propriétaires, présents ou passés, car c'est à eux et sur leurs
fortunes qu'il faudrait prendre pour maintenir tous les emplois !
jeudi 26 novembre 2015
dimanche 22 novembre 2015
Texte de l'allocution de Nathalie Arthaud faite à Nantes au meeting de dimanche dernier, des points de vues et arguments essentiels en ce moment, alors le voilà en version intégrale !
Travailleuses, travailleurs, chers amis, chers camarades,
Les massacres qui ont ensanglanté Paris vendredi dernier ont profondément modifié la situation politique et sociale. Oui d’une certaine façon, il y aura un avant et un après le 13 novembre.
Au mois de janvier, avec les attentats contre Charlie Hebdo et le magasin Hypercasher nous avons déjà été confrontés à ce genre de situation. Mais cette fois, il y un cran de plus dans l’horreur. Il y a la certitude que les terroristes ne s’arrêteront pas, qu’ils frapperont indistinctement, sans raison, simplement pour terroriser.
Nous, qui dénonçons depuis toujours les interventions impérialistes, le chaos et les guerres qu’elles ont engendrés dans cette région du Moyen-Orient, nous qui avons été révoltés par les derniers attentats perpétrés en Turquie, au Liban, en Egypte, nous, qui nous sentons profondément solidaires des migrants qui fuient les bombes, nous savons bien que la guerre n’a pas démarré il y a huit jours.
Mais tous les grands partis instrumentalisent l’émotion collective et la manipulent pour faire croire que vendredi dernier, « nous sommes entrés en guerre ».
Les appels à l’unité nationale, les cérémonies solennelles, la réunion du Congrès à Versailles, les entrevues de Hollande avec Sarkozy et Le Pen, l’établissement de l’Etat d’urgence, la révision de la constitution, tout est fait pour créer un climat exceptionnel et nous enfoncer dans le crâne que nous sommes entrés en guerre.
Oh, les rivalités politiciennes continuent. On a vu cette comédie indécente à l’Assemblée nationale où la droite et le FN ont conspué les ministres. Tous cherchent à tirer leur épingle de l’émotion et de la peur engendrée par ces attentats. Mais si la droite et le FN tiennent à se démarquer de l’appel à l’union nationale de Hollande, ils sont tous profondément d’accord. Ils sont tous va-t-en guerre, ils sont tous pour augmenter les mesures sécuritaires.
Regardez les dernières mesures annoncées par Hollande, elles sont toutes puisées dans le programme de la droite et du FN. PS, droite et FN, ils font tous pression sur la population pour qu’elle accepte la guerre, ils sont tous pour fermer les frontières, pour multiplier les contrôles, pour donner plus de pouvoirs à la police. Cela s’appelle bien l’union sacrée, l’union sacrée entre le gouvernement socialiste, la droite et l’extrême droite.
Et gare à ceux qui oseraient critiquer cette guerre ! Gare à ceux qui oseraient critiquer l’état d’urgence et les mesures exceptionnelles ! Ils seront accusés d’excuser les terroristes et d’être des fascistes comme nous l’avons été dans les colonnes de Ouest France ou sur France Inter cette semaine. On peut demander des inflexions, critiquer telle ou telle modalité, mais souligner les responsabilités des dirigeants français dans la situation et ne pas marcher dans la mobilisation générale, ça, c’est, pour la caste politique et médiatique de la trahison, c’est passer dans le camp de l’ennemi.
L’« unité nationale » consiste à faire taire toute véritable opposition. Les terroristes la font taire à coups de kalachnikovs, les dirigeants des pays riches l’étouffent en instrumentalisant l’émotion et les peurs.
L’appel à l’unité nationale est une manipulation grossière. Au nom de l’émotion, parce qu’il y a cette horreur terroriste, ils veulent que nous acceptions leur politique passé, présente et à venir. Ils veulent nous faire oublier leurs responsabilités dans le recul de la condition ouvrière, ils veulent nous faire oublier leurs responsabilités dans le chaos qui règne aujourd’hui au Moyen Orient.
Eh bien il faut continuer de dire que ces gens-là ne représentent pas les intérêts des travailleurs, ni en politique intérieure ni en politique extérieure. Les travailleurs ne doivent pas marcher dans l’union sacrée PS Droite FN.
Hollande était très fier d’avoir immédiatement riposté en bombardant, Daech en Syrie. Personne ne peut croire que ces bombardements permettent de nous protéger ici d’éventuels attentats. C’était des bombardements pour se venger, pas pour nous protéger. Et on nous dit que ces bombes ont visé des centres d’entraînement de Daech, mais elles sont tombées sur des villes peuplées, sur des populations civiles, sur les pauvres qui justement sont les seuls à ne pas avoir pu fuir. Qui peut croire qu’elles n’ont pas, elles-aussi, fait des dizaines de victimes innocentes ?
C’est une première raison de s’opposer aujourd’hui et maintenant à ces bombardements. L’autre c’est que ces interventions impérialistes ne font que nourrir le terrorisme.
Cela fait 14 ans que les grandes puissances ont déclenché la guerre contre le terrorisme après l’attentat du World Trade Center. A l’époque il y avait un ou deux foyers terroristes. Aujourd’hui, plus tard, il y en a des dizaines.
Car ces monstres ne sortent pas de rien. Ils sont les fruits pourris de la politique des grandes puissances. Pour maintenir leur domination dans cette région du Moyen-Orient qu’ils avaient colonisée, les pays impérialistes n’ont jamais hésité à s’appuyer sur les pires régimes, sur des dictatures moyenâgeuses comme l’Arabie saoudite, sur l’État d’Israël qui opprime le peuple palestinien.
Et lorsque cela les arrangeait, ils ont armé des groupes et manœuvré pour faire naître des oppositions. En Irak, les Etats-Unis ont renversé Saddam Hussein, détruit son armée et exclu les Sunnites du régime qu’ils ont mis en place. Ce sont eux que l’on retrouve aujourd’hui à la tête de Daech.
Tout le monde sait qu’aujourd’hui même les « alliés » de la France que sont le Qatar, l’Arabie saoudite continuent de financer, armer et former certains de ces groupes. Tout le monde sait que Daech prospère sur le trafic de pétrole et que leurs prétendus alliés de la région, la Turquie en sont les complices. Est-ce que les dirigeants français leur demandent des comptes ? Non.
Tout le monde s’étonne que 30 000 djihadistes parviennent à faire leur loi sur un territoire aussi vaste et qu’ils résistent aux attaques d’une coalition internationale. Mais c’est justement le résultat des politiques tordues de toutes les grandes puissances qui jouent chacune leur propre jeu, qui ont des intérêts multiples dans la région et qui s’appuient un jour sur les uns, un jour sur les autres.
Et cette politique, elle continue aujourd’hui. Le gouvernement veut avoir les mains libres pour bombarder en Irak et en Syrie. Il veut avoir les mains libres pour s’acoquiner sans qu’il n’ait aucune opposition, avec les régimes les plus sanguinaires, comme le régime de Bachar Al Assad pour battre Daech. Car faut-il rappeler que sur ces quatre dernières années, le régime de Damas a fait 250 000 morts, qu’il a attaqué son peuple à l’arme chimique, qu’il a fait disparaître des dizaines de milliers d’opposants ?
Peut-on lutter contre des monstres en s’appuyant sur des régimes tout aussi monstrueux ? En agissant ainsi, ce n’est pas à la victoire contre le terrorisme qu’ils nous mènent, mais à une société de plus en plus barbare. Encore une fois, ils sont en train de poser des bombes à retardement dans une région qui est explose déjà de toutes parts.
Daech exerce une des dictatures les plus féroces qui soient dans les régions qu’ils dominent en Irak et en Syrie. Leurs victimes sont autant et même plus musulmanes que chrétiennes, preuve s’il en fallait qu’il ne s’agit ni d’un « choc des civilisations » ni « d’une guerre de religions » mais d’une lutte pour le pouvoir et pour les richesses d’une région riche en pétrole.
A la veille de la première guerre mondiale, Jean Jaurès disait : « le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage ». On peut dire aujourd’hui que « le capitalisme porte en lui le terrorisme comme la nuée porte l’orage ». On ne peut pas combattre l’un sans combattre l’autre.
Le danger ne vient pas de l’extérieur, d’Afrique ou du Moyen-Orient. Il ne vient pas de telle ou telle religion, de telle ou telle communauté. Il vient de l’intérieur de ce système économique qui engendre chômage, inégalité, injustices, délinquance, guerres.
Un monde où 67 familles possèdent l’équivalent de ce qu’ont, pour survivre, 3,5 milliards d’être humains ; un monde où l’Afrique et le Moyen-Orient sont des eldorados pour les capitalistes mais des enfers pour leurs populations ne peut qu’engendrer des monstruosités. Le capitalisme est en faillite, au bout du rouleau. Et on le voit, le règne de la bourgeoisie, c'est non seulement l’exploitation et la dictature des actionnaires sur la société mais c'est aussi cette barbarie qui se répand partout dans le monde et qui atteint maintenant Paris et le cœur de l'Europe.
On ne se débarrassera de cette barbarie qu’en prenant le mal à la racine, c’est-à-dire à la domination de ce système économique fou. Alors pour un monde débarrassé de l’obscurantisme, de l’injustice, poursuivons notre combat pour renverser le capitalisme et bâtir une société communiste, la seule issue pour l’humanité.
Certains nous disent d’accord avec tout ça, mais « on ne peut pas rester sans rien faire ». « Il faut bien les arrêter ». « Il faut agir là, tout de suite, concrètement et pour ça vous n’apportez pas de solution ».
Mais est-ce que le gouvernement en amène ? Je l’ai dit la guerre n’en amène pas, elle nous enfonce dans l’engrenage sanglant. Et en matière de sécurité intérieure, c’est la même chose. Qui peut croire que l’état d’urgence, qu’une énième loi anti terroriste nous protégera des attentats ?
Hollande a aligné les mesures sécuritaires : déchéance de la nationalité, expulsions, contrôles multipliés…Appliquez-les une à une à la situation de vendredi, aucune n’aurait empêché d’agir les terroristes. Est-ce que l’on fera peur aux terroristes en les menaçant d’être déchus de leur nationalité et en les menaçant d’être expulsés ? Evidemment pas.
Comme le commande le FN et la droite, le gouvernement veut plus de contrôle aux frontières. Mais aucune frontière n’a jamais été étanche ! Et c’est surtout dérisoire quand on sait que tous ces terroristes sont français, ils sont nés ici, ils sont recrutés ici. Et quand bien même ils seraient un peu plus entravés dans leurs mouvements, quand bien même demain, il leur serait plus difficile de se rendre en Syrie, qu’est-ce que cela changerait puisqu’ils sont là.
Vis-à-vis des terroristes, ces mesures sécuritaires s’apparentent à des gesticulations. Mais elles seront de vrais moyens pour faire taire les voix dissidentes. Au nom de l’état d’urgence le gouvernement a annulé des manifestations, des meetings. Il a interdit la manifestation prévue demain en faveur des migrants. Pour l’instant il ne contrôle pas la presse et les journaux, remarquez qu’il n’en a pas besoin puisque les grands médias se mettent spontanément aux ordres, mais l’état d’urgence lui en donne la possibilité.
Et au-delà des pouvoirs accrus pour l’Etat et la police qui risquent de se retourner contre nous, il y a les signaux que toute cette politique sécuritaire envoie à la population et qui vont conforter le cours réactionnaire.
Toutes ces mesures qui pointent du doigt les étrangers, les immigrés, toutes ces mesures qui prônent la multiplication des contrôles, un renforcement des frontières ne peuvent qu’encourager la méfiance, la suspicion, le repli sur soi, l’intolérance. Elles vont au bout du compte dans le sens de ce que recherchent les terroristes eux-mêmes et surtout elles confortent tous les racistes, elles jettent ceux qui ont peur dans les bras des plus nationalistes.
Le gouvernement espère tirer profit de son nouveau cours sécuritaire. Mais c’est le FN qui en tirera le plus de profits.
Ces mesures ne seront pas seulement inefficaces, elles vont aggraver le climat nauséabond qui préexistait aux attentats où déjà il y avait de petits groupes qui attaquaient les migrants, où les identitaires d’extrême droite s’agitaient y compris contre l’extrême gauche. Demain, les mêmes s’en prendront peut-être à nos camarades de travail, aux membres de nos familles, à nos amis parce qu’ils sont étrangers ou suspectés de l’être par leur nom, leur couleur de peau ou leurs signes religieux.
Eh bien, il va falloir s’opposer à tout ce poison. Va-t-on laisser le FN et ses clones de la droite et du PS nous enfoncer dans ce climat guerrier et dans cette méfiance généralisée ? Va-t-on les laisser dire qu’il faut rejeter les migrants au prétexte que des terroristes peuvent s’infiltrer dans leurs rangs ? Il ne le faut pas.
Ces idées prennent d’autant plus facilement qu’en face, il n’y a pas assez de monde pour s’y opposer. Et ce n’est pas en faisant des leçons de morales républicaines que nous les combattrons. C’est en nous adressant aux travailleurs au nom de leurs intérêts.
Il est vital que nous, les travailleurs, quelle que soit notre origine, nous nous sentions une classe unie par nos intérêts pour nous défendre contre cette minorité qui nous exploite et plonge le monde dans la barbarie. Il est vital que nous retrouvions une conscience de classe, une conscience de nos intérêts communs par-delà la diversité de nos métiers, de nos origines, de nos statuts.
On nous rabâche que notre identité dépend de notre origine, de notre nationalité ou de notre confession. Mais un aspect essentiel de notre vie et de notre identité, c'est que nous sommes des travailleurs, des ouvriers, des employés, gardiens, aides-soignantes ou caissières. Notre condition de travailleur exploité nous unit, au-delà de nos différences.
Alors, il faut serrer les rangs, rejeter ceux qui veulent dresser un mur entre nous et affirmer notre conscience d'appartenir à une seule et même communauté, la communauté des travailleurs et des exploités. Une classe sociale qui n’a rien de commun avec ceux qui nous appellent aujourd’hui à l’union nationale contre le terrorisme, car ce sont ces mêmes dirigeants qui nous portent les coups, ici en France, en détruisant les droits des travailleurs, en permettant aux patrons de licencier sans entrave et sans pénalité, en laissant le chômage battre record sur record.
Ils en appellent à l’unité nationale, mais quand les travailleurs essayent de se battre comme à Air France, ils les traitent de voyous. Alors à cette fausse unité nationale opposons l’unité des travailleurs et des opprimés. L’unité d’une classe sociale, le camp des travailleurs qui ne pourra s'émanciper de l'oppression qu'en en détruisant ses racines, l'organisation capitaliste de l'économie.
Avant le 13 novembre, on nous expliquait à gauche, que l’essentiel était de lutter contre le Front national. Rappelez-vous, comment Valls expliquait que la France risquait, avec le FN de se fracasser. Que l’éventuelle élection du FN à la tête d’une région serait un « drame » et une « catastrophe » pour la France. Comment il en appelait au-dessus des partis, à faire le front républicain !
Mais il y a quelques jours, Hollande appellait Marine Le Pen à l’Elysée pour prendre auprès d’elle des conseils. Et le gouvernement a emprunté au programme du FN nombre des mesures d’urgence qu’il présente aujourd’hui.
Oui, c’est bien l’union sacrée avec le FN. Et demain, ils demanderont de faire barrage au FN dans les urnes ? Ils en appelleront au Front républicain ? Ils diront « tout sauf Le Pen » ? Tout cela c’est de la manipulation politicienne.
La même manipulation politique que l'on a subie en 2012 avec le « tout sauf Sarkozy ». Tout cela pour nous faire croire qu’il y a gouffre séparant tous ces partis. Tout cela pour faire peur aux travailleurs, quand c’est le PS lui-même qui est en train de porter les coups ! Tout cela pour nous faire oublier que c’est lui, le PS qui a fabriqué le FN en abandonnant son propre électorat !
Le PS, la droite et le FN sont rivaux, ils se battent pour aller à la mangeoire mais ils sont surtout les défenseurs et les complices de cet ordre social capitaliste. Ils défendent tous le point de vue du patronat. Ils ont la même arrogance, le même mépris de classe. Ils se concurrencent mais ils s’accordent pour jouer cette comédie électorale qui cache ceux qui dominent réellement la société, la grande bourgeoisie et le grand capital.
L’influence du FN dans la classe ouvrière vient des peurs, du repli sur soi, du désarroi politique engendré par la trahison et les reniements de partis qui prétendaient représenter leurs intérêts. Tout cela est fondamentalement lié au fait que les travailleurs ne se battent plus comme il faudrait sur leur terrain de classe pour se défendre des attaques de la bourgeoisie, mais cela provient aussi du fait qu’ils ont cessé de se battre pour diffuser leurs valeurs au sein même de la classe ouvrière.
Les bourgeois nous ressassent en permanence leurs valeurs républicaines, Liberté, égalité, fraternité, contre toute réalité. Eux-mêmes n’y croient pas un instant. En face, le camp des travailleurs se tait, les travailleurs, y compris les plus conscients ne mettent plus en avant les valeurs que leur classe représente.
Car oui le camp des travailleurs, la fraction des travailleurs consciente a toujours porté des valeurs propres aux exploités. Alors que la bourgeoisie a toujours prôné l’individualisme, la concurrence et le chacun pour soi, les travailleurs ont compris qu’ils avaient besoin de solidarité, d’organisation et de dévouement non seulement pour se battre contre l’exploitation, mais tout simplement pour survivre.
En se développant, le mouvement ouvrier a créé ses propres valeurs, contre celles des Rois, contre les Eglises qui ont toujours protégé les puissants et contre la bourgeoisie et son sacro-saint règne de l’argent. Tout en menant le combat quotidien, contre le travail des enfants, pour la journée de travail de 8 heures, les militants défendaient l'idée de l'émancipation sociale, du progrès de toute la société, d’un monde libéré des superstitions et des préjugés.
L’internationalisme a toujours fait partie du capital du mouvement ouvrier. C’est en intégrant dans leurs rangs tous les travailleurs, d’où qu’ils viennent, quelle que soient leur langue, leur religion, leur couleur de peau que les travailleurs ont gagné leurs meilleurs combats. Ce faisant, ils ont fait reculer les idées racistes et xénophobes dans toute la société. Et l’honneur du mouvement ouvrier a été de militer contre toutes les formes d’oppression, pour l’émancipation des femmes, contre l’esclavage, pour la libération des peuples colonisés, contre l’apartheid.
Ce capital a été peu à peu dilapidé par le PCF, qui en devenant stalinien, est aussi devenu nationaliste. Après avoir remplacé le drapeau rouge par le drapeau bleu blanc rouge et l’Internationale par la Marseillaise, PCF a versé dans le chauvinisme et les attaques anti-allemandes pendant la seconde guerre mondiale.
Ensuite les militants et le milieu ouvrier qu’il influençait ont été nourris aux diatribes de Marchais contre une Europe accusée de piétiner la souveraineté de la France ou aux appels pour le « produire français ». Et avec son obsession anti-allemande et sa propagande cocardière, un Mélenchon en remet une louche. Mais aujourd’hui c’est Marine Le Pen qui prospère sur ce terreau.
Alors, sans attendre des luttes qui feront de nos idées une force capable d’ébranler la société bourgeoise, il faut se battre à nouveau pour diffuser les idées internationalistes et les valeurs propres au mouvement ouvrier parmi les travailleurs. Les idées de la lutte de classe qui constituent la seule boussole pour indiquer les intérêts des travailleurs.
Loin des calculs électoraux, il faut montrer aux nôtres, y compris à ceux qui s’égarent en regardant vers le FN, qu'il y a encore dans la classe ouvrière des femmes et des hommes qui connaissent la seule voie pour lutter contre les injustices et les inégalités de cette société : lutter contre la bourgeoisie, faire reculer l’exploitation pour finir par la supprimer totalement. Il n’y aura pas d’autre raccourci pour combattre le FN.
Faire entendre le camp des travailleurs, c’est porter les revendications immédiates qui permettraient au monde ouvrier de relever la tête. Mais c’est aussi œuvrer pour que renaisse un pôle de résistance au cours réactionnaire pris par la société.
On en mesure l’importance avec ces attentats, avec la montée du FN, avec cette pression à l’unité nationale et au nationalisme. On en mesure l’importance avec le cours de plus en plus inhumain pris par la société, dont le sort des migrants est bien significatif.
C’est passé au second plan de l’actualité, mais chaque semaine des dizaines d’enfants, de femmes et d’hommes meurent pour essayer de traverser la Méditerranée. Les survivants qui ont réussi à poser un pied en Europe, se heurtent encore aux murs et aux barbelés qui hérissent désormais l’Europe. Ils sont arrêtés, bloqués, forcés d’attendre dans des conditions infâmes quand ils ne sont pas internés dans des camps de rétention. Relâchés, ils reprennent leur marche forcée ou s’en remettent aux passeurs, risquant de mourir asphyxiés ou d’être parqués dans des bidonvilles comme celui de Calais.
En leur assurant la liberté de circulation et d’installation, les réfugiés se répartiraient d’eux-mêmes à l’échelle de l’Europe, ils pourraient s’appuyer sur des membres de leurs familles et sur toutes les bonnes volontés qui existent. Mais non ! Pour ne pas donner prise aux critiques de la droite et de l’extrême droite, le gouvernement socialiste barricade les frontières et aggrave les souffrances de centaines de milliers d’enfants, de femmes et d’hommes.
Tout est ignoble dans cette politique. Ce tri, qui est fait entre les « vrais réfugiés », qu’on pourrait accepter et les migrants économiques, qu’il faudrait refuser. Ces centre appelés Hotspot, qui sont une façon de sous-traiter les migrants aux pays pauvres, à la Grèce, au Liban à la Jordanie ou à la Turquie. Comme si pour ces pays, ce n’était pas un problème autrement plus compliqué à résoudre que pour des pays riches comme l’Allemagne ou la France ! Les grandes puissances payent pour que ces centres soient le plus loin de chez eux. Exactement comme les municipalités bourgeoises payent pour ne pas construire de logements sociaux sur leur territoire.
Il n’y a pas besoin d’être révolutionnaire pour dire que la France peut faire mieux qu’accueillir les 30 000 réfugiés sur trois ans promis par le gouvernement. Cela fait de réfugié qu’il n’existe de commune ! Tout le monde l’a rappelé, à d’autres époques, où la situation économique du pays n’était pas plus florissante, la France a su accueillir les réfugiés de la guerre d’Espagne, les boat people vietnamiens ou encore le million de pieds noirs qui est venu en France en catastrophe à la fin de la guerre d’Algérie.
Hier le gouvernement, comme la droite et l’extrême droite nous répétaient jusqu’à la nausée qu’on ne peut pas accueillir toute la misère du monde. Aujourd’hui ils vont nous dire qu’accueillir les migrants représente un danger parce que des terroristes pourraient se glisser parmi eux. Ils vont maintenant faire passer des victimes de la barbarie pour des assassins potentiels !
Ça aussi c’est une monstruosité. S’ils voulaient accueillir les migrants et vérifier leur identité, mais qu’ils organisent leur asile, qu’ils organisent des ponts aériens, qu’ils en finissent avec ces naufrages et ce sauve qui peut ! Les boat people ne sont pas arrivés en France à la nage. Leur transport à l’époque avait été organisé. Alors qu’on ne nous raconte pas n’importe quoi pour refuser ici l’asile aux migrants.
Encore une fois, face à cette unanimité réactionnaire, il faut montrer qu’il y a des femmes et des hommes qui ne cèdent pas à au repli sur soi, à la peur de l’autre. Qu’il y a des femmes et des hommes qui ne se trompent pas sur les responsables de la situation et qui se préparent à lutter contre la domination de la grande bourgeoisie et contre tout son système qui nous mène à la barbarie.
Tous ces évènements, toutes ces idées réactionnaires fleurissent sur le terreau d'un capitalisme qui dégénère. Crise économique, crise politique, crise écologique, crise migratoire, les dirigeants les plus puissants de la planète ne maîtrisent plus rien.
Cela saute aux yeux en matière internationale, j’en ai déjà parlé. Et regardez comment, même sur la question de l’écologie et du réchauffement climatique, ils sont incapables de trouver de véritables solutions. Dans le cadre de la COP 21, ils vont tous s’engager solennellement pour agir. Mais ils ne prendront aucun engagement contraignant ni pour leur pays, ni pour les grands groupes industriels qui sont les premiers pollueurs de la planète. Des trusts pour qui l’écologie, c’est bon pour se faire de la publicité et pour s’asseoir dessus comme le montre la fraude à grande échelle de Volkswagen.
Les dirigeants de la planète, les dirigeants des grands groupes capitalistes savent tout du problème et des conséquences catastrophiques pour des millions de femmes et d’hommes mais ils ne bougeront le petit doigt que si cela peut rapporter de l'argent aux capitalistes que s’ils trouvent le moyen de faire du business avec l’écologie. Eh bien il est urgent de renverser ce système complètement fou !
Si nous faisons le choix de défendre une politique qui se place exclusivement sur le terrain de la classe ouvrière, c’est qu’elle est la seule classe qui peut s’attaquer à la racine même des problèmes, à l’organisation capitaliste de la société.
Mais pour en être capable, elle doit non seulement retrouver le chemin de la combativité mais aussi de la conscience de classe. Faire en sorte que cette conscience de classe redevienne la boussole des travailleurs est le fond de notre politique. C’est notre raison d’être.
Eddy a parlé des évènements d’Air France. Ils ont confirmé le caractère anti-ouvrier de tous les grands partis, du PS au FN, mais ils ont aussi réveillé la conscience de classe dans le monde du travail. Sans que cela n’ait été coordonné par aucun syndicat, par aucun parti politique, l’écrasante majorité des travailleurs s’est unie derrière les salariés d’Air France et contre le torrent de boue dont ils ont été victimes. Cela a été une réaction élémentaire, un même sentiment d’indignation, d’injustice et de dignité bafouée ; cela a été une réaction de classe, l’expression d’un sentiment de classe.
Mais entre un sentiment de classe et une conscience de classe solide, forte, capable de résister aux pressions de la société bourgeoise et d’orienter les travailleurs dans les combats qu’ils ont à mener, il y a un gouffre. C’est ce gouffre que pourrait remplir un parti ouvrier présent largement dans les classes populaires en incarnant dans toutes les situations politiques une politique propre aux travailleurs. C’est ce que nous visons.
Et c’est tout le sens de notre participation aux élections en général. Que les travailleurs s’affirment, de nouveau, comme une force politique, alors qu’ils sont aujourd’hui dispersés, déboussolés pour certains ne se fera pas en une élection. Ce processus peut prendre d’autres voies que celle des élections. Une révolte des travailleurs pourrait faire mûrir les consciences à une toute autre échelle et d’une toute autre façon. Mais il faut utiliser toutes les possibilités qui se présentent à nous pour progresser dans cette voie. Et là, dans 15 jours, il faut utiliser les élections régionales.
Il faut que le sentiment et les intérêts de classe qu’il recouvre et que l’on a vu lors des évènements d’Air France, trouve une expression politique. Si les travailleurs ne s’érigent pas en force politique, c’est la bourgeoisie et les partis à son service qui garderont le monopole de la parole. Et leurs mensonges sur le « coût du travail », sur la compétitivité, sur les 35 heures ou sur le code du travail auront libre court. Eh bien il faut que les travailleurs ne laissent pas leurs ennemis politiques parler à leur place.
Chaque élection doit permettre de montrer qu’il y a des femmes et des hommes qui se revendiquent du camp des travailleurs. Alors, profitons de ces élections régionales et de la présence des listes LO pour faire entendre le camp des travailleurs.
Dans tout ce contexte, notre participation aux élections peut paraître dérisoire. Beaucoup, avant même les attentats se désintéressaient de cette élection. Cela fait des années, des décennies que le monde du travail vit et s’enfonce dans cette précarité et i y en a eu des élections, il y en a eues des alternances. Alors oui les travailleurs en ont eu des occasions de vérifier que les élections ne changeaient pas leur sort.
Aujourd’hui avec les attentats et ce sentiment d’être démuni face à une société qui s’enfonce toujours plus dans la barbarie, ne peut que renforcer l’aspect anecdotique d’un tel scrutin et cette idée, que « tout ça ne sert à rien ».
Mais s’il n’y a pas à s’en étonner, il y a à convaincre. Il y a à convaincre que si, le vote pour les listes Lutte ouvrière a une utilité : celle de montrer qu’il y a des travailleurs qui ont compris, comme eux, que les grands partis ne représentent pas leur camp. Celle de rassembler politiquement les travailleurs conscients d’avoir des intérêts de classe à défendre.
Oh, le problème n’est pas d’être entendu de ceux qui gouvernent, car ces gens-là se moquent de ce que les électeurs peuvent signifier dans les élections. Mais il s’agit d’être entendu du monde du travail, il s’agit de montrer aux nôtres qu’une fraction ne se résigne pas, qu’il y a un camp auquel ils peuvent se rallier s’ils n’acceptent pas la situation.
En déchirant ou en brûlant leur carte d’électeurs, en affirmant qu’ils ne marchent plus dans tout ce cirque, certains croient pouvoir se venger des partis qui les ont trahis et exprimer leur opposition radicale au système. Ils se trompent car en s’abstenant, ils se taisent. Et pire, elle donnera d’autant plus de poids à tous qui voteront pour le PS, pour la droite ou pour le FN. Et au bout du compte, ces abstentionnistes seront récupérés par les vainqueurs.
Oui, la réalité, c’est que pour changer la vie des travailleurs, il faut inverser le rapport de force entre les travailleurs et la bourgeoisie et cela, seules les luttes collectives peuvent le faire. Mais faute de pression collective et d'intervention directe des exploités sur ceux qui gouvernent, toute la vie politique se résume à cela. Même aux yeux de ceux qui n’y croient plus, les élections constituent les principales échéances de la vie politique. .
Eh bien il faut que les travailleurs les utilisent, non pas pour faire de la politique politicienne, mais pour faire entendre leurs intérêts contre ceux du grand patronat. Pour affirmer leurs perspectives contre celles que veulent nous imposer les porte-parole de la bourgeoisie.
L’issue que nous indiquons aux travailleurs peut sembler lointaine. Et en même temps, elle est inscrite dans la société elle-même. La lutte de classe n’est pas une invention des communistes révolutionnaires, c’est la vie elle-même et c’est le moteur de l’histoire. Les travailleurs ne resteront pas indéfiniment l’arme au pied. Alors il faut reconstruire, continuer de lever le drapeau communiste car tôt ou tard les travailleurs chercheront le chemin pour un avenir meilleur.
Je l’ai dit, nous sommes à contre-courant. Et dans ces élections nous ferons de petits scores. Mais c'est précisément lorsque les idées progressistes et révolutionnaires sont les moins en vogue, c’est lorsque la société va dans le sens contraire qu'il est important de les maintenir.
Ce n’est pas la première fois que le mouvement ouvrier connaît un reflux. Il y en a eu bien d’autres, des périodes de guerre, de crise, de répression où le combat devenait si difficile que la grande majorité abandonnait et perdait confiance dans sa capacité à changer les choses. Des périodes où seule une minorité résistait, des moments mêmes où elle ne pouvait plus résister et où elle se cachait.
Mais il y a toujours eu des femmes et des hommes qui ont conservé leurs idées et leurs convictions profondes et qui ont fini par les transmettre. Nous sommes les héritiers de ces minorités, les héritiers de leurs idées. Et nous devons avoir aussi leur courage, leur ténacité et leur dignité.
Etre minoritaire n’est jamais une position commode. Mais encore une fois, lorsque la pourriture du capitalisme ressort par tous les pores de la société, il faut être là et dire que cela ne passera pas par nous. Lorsque les intellectuels cèdent au conformisme, aux préjugés, lorsqu’ils se laissent emporter par la vague nationaliste, identitaire comme aujourd’hui, lorsque les voix progressistes s’éteignent les unes après les autres, il est vital pour l’avenir d’affirmer nos idées révolutionnaires.
Ce qui nous caractérise, c’est cette confiance dans la classe ouvrière, cette confiance dans les exploités et donc cette confiance dans l’humanité. Cette idée que le capitalisme n’est qu’une étape dans l’histoire de l’humanité et qu’un jour nous en tournerons la page pour en écrire une nouvelle, autrement plus enthousiasmante.
Alors, ne craignons pas d’être minoritaires, portons haut nos convictions et soyons-en fiers ! Et au travers de ces élections continuons d’avancer dans la voie qui est la nôtre, celle de participer à la reconstruction du camp des travailleurs.
Alors je vous appelle à faire entendre le camp des travailleurs, à faire entendre les intérêts immédiats des travailleurs, l’interdiction des licenciements, l’augmentation des salaire et des pensions, le contrôle des comptes des groupes capitalistes comme Eddy l’a rappelé, mais aussi à faire entendre ce camp, profondément convaincu que l’avenir ne peut pas être ce monde hérissé de frontières et parsemé de dictatures féroces, ce monde où une minorité richissime emprisonne l’essentiel de l’humanité dans un océan de misère et de souffrances.
Aidez nous à faire entendre la voix de ce camp, votez et à faites voter pour la liste LO faire entendre le camp des travailleurs.
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