Affichage des articles dont le libellé est édito de LO. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est édito de LO. Afficher tous les articles

lundi 13 janvier 2014

Dieudonné, Valls, Hollande : leur faire ravaler leurs boniments (éditorial de LO du 13/01)

Quand on déclare, comme Dieudonné, qu’il est « dommage » qu’un journaliste juif ne soit pas mort dans les chambres à gaz, on est antisémite. Quand, sous couvert d’impertinence, on remue jusqu’à l’obsession les vieux clichés contre les juifs, clichés qui firent les belles heures de l’extrême droite des années 1930, du régime de Vichy et des nazis, on est antisémite.
Dieudonné n’est pas qu’un provocateur, il véhicule une vision raciste de la société. Et le racisme anti-juif ne vaut pas mieux que le racisme anti-noir, anti-arabe ou anti-musulman.
Tous les racismes se ressemblent et s’assemblent. Il n’y a donc pas à s’étonner de la proximité de Dieudonné avec le Front national. Que Dieudonné ait choisi Le Pen pour parrain de sa fille, qu’il ait mis son théâtre à la disposition du FN et qu’il aime fréquenter certains de ses cadres est dans l’ordre des choses.
Les travailleurs ne doivent pas laisser pénétrer dans leurs rangs le poison raciste. De l’Allemagne nazie à l’Afrique du sud de l’apartheid en passant par les États-Unis ségrégationnistes, et par le continent africain où le racisme se décline avec l’ethnisme, les préjugés xénophobes se sont toujours retournés contre les travailleurs, contre les exploités, contre les plus pauvres, quand les véritables responsables de la misère et de l’oppression prospéraient.
À comparer avec Dieudonné, Valls, dans son habit de ministre de l’Intérieur, fait plus respectable. Mais qui a dit qu’il manquait « des Blancs, des blancos, des white » dans la ville d’Évry ? Valls ! Et quand il déclare, droit dans ses bottes, que les Roms ne peuvent pas s’intégrer, il fouille, lui aussi, dans les poubelles du Front national. Parce que faire croire que la présence de 17 000 Roms est un problème insoluble pour un pays de 65 millions d’habitants est abject ! Cela n’a d’ailleurs pas ému grand monde dans la direction du Parti socialiste.
De Dieudonné jusqu’à Valls en passant par le FN et l’UMP, chacun participe du climat nauséabond. Dieudonné, en bouffon sinistre, Valls en cultivant des préjugés lourds de conséquences du haut de son ministère. Les travailleurs ne doivent ni rire avec le premier, ni soutenir le second.
En en faisant l’homme à abattre, Valls a remis Dieudonné sur le devant de la scène. La Société M’Bala aura des problèmes financiers, et encore… Car pour quelqu’un qui se dit « antisystème », Monsieur a le sens des affaires ! En matière de prête-nom, de montage financier et d’évasion fiscale, il a l’air de s’y connaître aussi bien qu’un Woerth ou un Cahuzac.
Mais sur le fond, Valls a servi de faire-valoir à Dieudonné… et inversement. Grâce à Dieudonné, le premier flic de France a pu faire son numéro d’homme à poigne. Même si l’interdiction du spectacle incriminé sera inefficace du point de vue de la lutte antiraciste, c’est un coup politique réussi pour sa carrière de ministre. (pour lire la suite cliquer sur Plus d'info)

mardi 22 octobre 2013

L'éditorial de LO du lundi 21 octobre : « Travailleurs de tous les pays, unissez-vous » - Karl Marx

Après la polémique déclenchée par Valls sur les Roms, après le drame des migrants noyés au large de Lampedusa, l’expulsion de Léonarda et la proposition honteuse de Hollande lui proposant de revenir faire ses études en France, seule, ont relancé le débat sur les frontières et l’immigration. Le Pen crie au laxisme et dénonce une fois de plus « les pompes aspirantes de l’immigration ». Copé se convertit aux thèses les plus extrémistes du FN en proposant de revoir l’aide médicale d’État, le RSA et le droit du sol. Les deux reprochent au gouvernement de ne pas être assez dur contre les immigrés alors que la politique d’immigration des socialistes n’a rien à envier à celle de Sarkozy. Valls se vante même du record des reconduites à la frontière battu en 2012. Combien de Léonarda ou de Khatchik dont la scolarité et l’intégration sont brutalement interrompues ? Combien de familles renvoyées dans un pays où elles sont indésirables ? Le Pen est spécialiste pour opposer une misère à une autre, pour monter les pauvres contre de plus pauvres. Mais tous l’approuvent en disant « qu’on ne peut pas ajouter de la misère à la misère ». Comme si la misère des chômeurs et des travailleurs venait de la misère des plus pauvres ! Il ne s’agit pas de partager la misère et encore moins de choisir entre deux misères. La misère, il faut la combattre en allant chercher l’argent dans les poches des exploiteurs. Il suffit d’aller dans les beaux quartiers où vivent les familles bourgeoises, les Arnault, Bettencourt, Peugeot pour se rendre compte qu’il y a de l’argent. L’année dernière, tous ces gens-là ont arrondi leur fortune de 30 milliards. Mais s’ils ont fait 30 milliards de plus, en pleine crise, c’est qu’ils ont appauvri d’autant les classes populaires. Ceux qui veulent fermer les frontières et empêcher les travailleurs immigrés de circuler le font tantôt au nom de la crise, tantôt parce qu’il y a trop de chômeurs. Mais qui a plongé l’économie mondiale dans la crise si ce n’est les financiers ? Qui sont les responsables du chômage si ce n’est les licencieurs ? Certains accusent les immigrés d’occuper des logements qui manqueraient à des Français. Mais sans eux, les millions de logements HLM n’auraient jamais vu le jour, les routes n’auraient pas été construites, les usines n’auraient pas pu tourner. Et c’est encore le cas aujourd’hui. Ce sont les capitalistes de la finance et de l’industrie et leur rapacité qui plongent de plus en plus de travailleurs dans la misère et le chômage ici. Et ils en font autant à l’échelle du monde, car pour eux, il n’y a pas de frontières qui tiennent. Après avoir pillé les pays pauvres au temps de la colonisation et les avoir condamnés au sous-développement, les groupes capitalistes continuent de les exploiter et de les vider de leur sang. Si des centaines de milliers de pauvres ne voient plus d’autre solution que de tenter de passer clandestinement les frontières au péril de leur vie, c’est qu’ils ne peuvent plus vivre dans leurs pays. « Les travailleurs n’ont pas de patrie », disait Marx, tant il est vrai que le sort que le capitalisme réserve aux prolétaires est d’aller là où il y a du travail. Tant il est vrai que rien ne leur sera jamais donné, jamais assuré, pas même le droit de se faire exploiter dans le pays où ils sont nés ! La vie de beaucoup de travailleurs est celle de perpétuels nomades. Pour certains, il s’agit de faire quelques dizaines de kilomètres pour changer d’usine et de ville. Mais d’autres sont forcés de faire des milliers de kilomètres, de changer de continent, de langue et d’abandonner leurs attaches. Aujourd’hui, des jeunes Français diplômés tentent une carrière à l’étranger, en Grande-Bretagne, aux États-Unis, à Singapour. Personne ne leur conteste ce droit. Il n’y a aucune raison d’en priver les autres travailleurs. Quels que soient sa nationalité, son origine ou ses papiers, tout travailleur doit être libre de circuler et de s’installer où il le souhaite. Le mouvement ouvrier conscient s’est toujours affronté à tous ceux qui voulaient opposer les travailleurs les uns aux autres pour les détourner du combat à mener contre les exploiteurs. La solidarité de classe et l’internationalisme doivent constituer les valeurs de la classe ouvrière. « Non aux expulsions », « régularisation de tous les travailleurs » font partie de ses revendications. Elles participent de la conscience des travailleurs de se considérer comme un tout et d’avoir à mener un combat commun pour se libérer et libérer toute la société de l’oppression et de la misère. Le capitalisme a réalisé le brassage des travailleurs du monde entier. Il les a soudés dans un sort commun. Il faut que leur lutte pour s’émanciper devienne commune !

lundi 30 septembre 2013

Faute de combattre la bourgeoisie, Hollande fait la guerre aux travailleurs et aux Roms (éditorial de Lutte Ouvrière du lundi 30 septembre)

Il y a 5 millions de femmes et d’hommes privés d’emploi, 3,5 millions de mal logés, 8 millions de pauvres, dont bien des salariés incapables de joindre les deux bouts à cause des salaires de misère. Et qu’est-ce qui fait réagir le monde politicien ? Le « problème Rom » !
« Ils ne veulent pas s’intégrer », prétend Valls, ministre de l’Intérieur. Mais comment pourraient-ils le faire quand ils ne savent où s’installer, quand ils sont condamnés à vivre sur des terrains désaffectés, sans eau, coincés entre deux voies rapides ? Comment peuvent-ils scolariser leurs enfants quand ils sont chassés tous les trois mois et forcés d’errer de bidonville en bidonville ?
Prétendre que la présence de 17 000 Roms - nombre stable depuis dix ans- est un problème insoluble pour un pays de 65 millions d’habitants, est écœurant. Les mêmes politiciens qui reprochent aux Roms de vivre de mendicité et de trafics leur ont interdit de gagner leur vie dignement, en travaillant.
En 2007, lorsque la Bulgarie et la Roumanie ont rejoint l’Union Européenne, les habitants de ces pays ont fait l’objet de lois d’exception. À l’inverse des autres ressortissants de l’UE, ils ont été interdits de travail, sauf à s’inscrire dans une liste de métiers bien particuliers et à demander des dérogations. Alors oui, par la force des choses, les Roms n’ont pas le même mode de vie que nous !
Rappelons-nous comment ont été traités les millions de travailleurs algériens et marocains, alors même que le patronat était allé les chercher, ratissant les campagnes d’Afrique du nord pour transformer ces jeunes paysans en chair à exploiter.
Intégrés, ils l’étaient, et ô combien ! Sans eux, les chaînes de montage des usines d’automobiles n’auraient pas tourné, les barrages, les routes et les logements n’auraient pas été construits. Ils ont été à la base de la prospérité économique, et pourtant, comment ont-ils été traités ?
Combien d’entre eux ont dû dormir pendant des mois sur des sacs de ciment, avant de se trouver un lit dans un dortoir sordide ? Les bidonvilles des années 1950 et 1960, à Nanterre et ailleurs, n’étaient pas roms, c’étaient des bidonvilles de travailleurs. Voilà le sort que la société capitaliste réserve aux exploités.
La différence avec les années 1950, 1960 et 1970, c’est qu’aujourd’hui les Roms n’ont même pas le droit de se faire exploiter puisqu’ils n’ont pas de travail. Leur seul crime est d’être des pauvres parmi les pauvres et, dans cette société capitaliste, cela ne pardonne pas.
Depuis qu’il est ministre de l’Intérieur, Valls a multiplié les expulsions de camps roms et les reconduites à la frontière, ajoutant l’acharnement policier au dénuement. Aujourd’hui, il accorde ses mots avec ses actes.
Le Parti socialiste est, depuis longtemps, aussi dévoué à la bourgeoisie que l’est la droite, mais il mettait un point d’honneur à enrober sa politique anti-ouvrière et anti-pauvre d’un langage vaguement teinté d’humanisme et de tolérance. Les propos de Valls, soutenus par la plupart des dirigeants du PS et par Hollande, montrent que même sur ce terrain, plus rien ne les distingue de la droite ni même… de l’extrême droite.
En faisant des Roms un « problème », Valls fouille dans les mêmes poubelles que Le Pen, comme Sarkozy et tant d’autres hommes de droite l’ont fait avant lui. Il renforce le Front national, ajoute aux fantasmes sur « l’invasion rom ».
Valls veut chasser les Roms, pour ne pas « ajouter de la misère à la misère ». Mais on peut et on doit avoir l’objectif de combattre la misère, de combattre le chômage, de régler le manque de logements. Le Parti socialiste y a renoncé.
Les dirigeants du PS ont pour politique de servir les riches, ils se prosternent devant la bourgeoisie, devant son mode de vie, devant ses yachts, ses millésimes, ses châteaux. Alors que c’est justement l’oisiveté, le vol à grande échelle et le parasitisme de la bourgeoisie qui plongent le reste de la société dans les privations et bloquent tout progrès de la civilisation.
Dans cette société d’exploitation, même ceux qui sont à la base de la création des richesses, les travailleurs, sont exclus de l’accès au progrès et au mieux-vivre. Le sont à plus forte raison les travailleurs transformés en chômeurs, les sans-abris, les Roms, tous les parias de la société capitaliste.
Ce ne sont pas eux qu’il faut chasser, mais la bourgeoisie, les parasites irresponsables qui privent la société de son humanité.


jeudi 5 septembre 2013

Le 10 septembre, il faut dire : « Ça suffit ! »

Quatre organisations syndicales, la CGT, FO, la FSU et Solidaires, appellent à une journée de grèves et de manifestations le mardi 10 septembre. C’est bien le moins en cette rentrée, alors que les attaques contre les travailleurs se multiplient.
Si le gouvernement Hollande-Ayrault veut satisfaire quelqu’un, c’est avant tout le patronat. C’est ce que montrent les mesures sur les retraites qu’il annonce. Il y aura bien une augmentation des cotisations pour combler le déficit annoncé des caisses de retraite, partagée à égalité entre part salariale et part patronale. Mais il annonce que cette cotisation supplémentaire sera compensée pour les patrons par la baisse au moins égale de leurs cotisations d’allocations familiales, et aussi par des baisses d’impôts. Autrement dit, non seulement le patronat ne paiera pas plus, mais même il y gagnera.
Tout le monde n’a pas droit aux mêmes égards. Les travailleurs et les retraités, eux, reçoivent des avis d’imposition en hausse du fait du gel des barèmes. La hausse des cotisations de retraite se traduira par une baisse des salaires alors que ceux-ci sont déjà bloqués depuis des années. Enfin, le gouvernement déclare qu’il ne touchera pas à l’âge de la retraite, qui restera à 62 ans, mais en même temps il prévoit d’augmenter la durée de cotisation nécessaire, qui passera progressivement à 43 ans. On ne peut être plus hypocrite car ainsi pour avoir droit à une retraite pleine il faudra attendre d’avoir 63, 64, 65 ans ou plus ! Tous ceux qui ne le pourront pas toucheront une pension de retraite diminuée.
À cela s’ajoutent encore d’autres mesures, comme le décalage de six mois de la revalorisation des pensions, qui passera du 1er avril au 1er octobre, ou la décision de rendre imposable la majoration de 10 % dont bénéficient les parents de trois enfants : c’est encore cela de gagné sur le dos des retraités présents et futurs.
Réunis en université d’été, les dirigeants du Medef ont fait le compte des milliards qu’ils peuvent espérer des mesures gouvernementales, tout en ajoutant qu’elles ne suffisent pas. D’après eux, il faut encore baisser ce qu’ils appellent « le coût du travail », autrement dit baisser encore les impôts et les cotisations qu’ils payent, quitte à les faire payer par les salariés, ou par la collectivité. Et pourquoi les patrons s’en priveraient-ils puisque, avec ce gouvernement, il leur suffit de demander ?
(éditorial de LO -- pour lire la suite cliquer sur "plus d'infos")

lundi 19 août 2013

Les leçons d’Égypte

Il y a deux ans, une puissante vague de manifestations populaires a incité l’état-major de l’armée égyptienne à lâcher le Général Moubarak, tombé après plus de trente ans de pouvoir. Les dirigeants du monde impérialiste, les États-Unis en tête, se sont alors bruyamment félicités de la fin de la dictature militaire qu’ils avaient soutenue, financée et armée tant qu’elle s’était montrée capable de maintenir l’ordre. Et tous de faire des discours sur le « printemps arabe » qui allait accoucher d’une démocratie et d’une ère nouvelle pour le peuple égyptien.
Non seulement le « printemps » annoncé n’a pas assuré le pain pour les masses pauvres, paysans misérables et prolétaires des villes, mais en guise de liberté, c’est le retour de l’armée dans les rues, avec en plus l’approbation d’une partie de la population écoeurée par la politique de Mohamed Morsi, représentant des « Frères musulmans », élu président il y a à peine un an et démis du pouvoir par l’armée. Aujourd’hui, l’Égypte est à feu et à sang, les grandes villes quadrillées de chars, militaires et policiers tirant à balles réelles, y compris sur des manifestants désarmés. Mille morts, sans doute deux mille, des quartiers en flammes et une guerre civile qui prend de l’ampleur.
Cette guerre civile est aussi sanglante que stérile du point de vue des intérêts de l’immense majorité pauvre de la population. Il y a d’un côté l’armée, l’état-major et la caste des officiers supérieurs, qui ont imposé un régime de répression féroce pendant plus d’un demi-siècle en faisant se succéder les leurs à la tête de l’État. L’ordre social que l’armée protège préserve avant tout les intérêts matériels de la grande bourgeoisie, surtout internationale, le pillage du pays par les grands groupes occidentaux, sans parler du rôle stratégique du régime égyptien au Moyen-Orient.
En face de l’armée, il y a les « Frères musulmans ». L’un d’eux est certes arrivé au pouvoir par les urnes, mais ils veulent imposer à la population une autre forme de régime autoritaire, marqué par l’obscurantisme, par la violence contre ceux qui ne partagent pas leurs croyances et par l’oppression des femmes. Ces deux forces sont rivales, mais aussi déterminées l’une que l’autre à tenir sous contrôle les masses pauvres.
Le drame du peuple égyptien est d’être déchiré entre deux forces politiques, aussi incapables l’une que l’autre d’assurer même les simples libertés démocratiques et à plus forte raison, de mettre fin au sous-développement du pays et à l’immense misère de ses classes laborieuses. Et les deux sont intimement liés. Comment les exploiteurs pourraient concéder les libertés démocratiques aux exploités là où les inégalités sociales sont aussi criantes et la misère aussi grande ?
La chute de Moubarak n’a rien changé à tout cela. La situation de la population laborieuse n’a cessé de se détériorer parce que c’est la crise économique, parce que le chômage s’est aggravé, notamment avec l’effondrement du tourisme, parce que, dans sa guerre pour préserver ses profits, la grande bourgeoisie est impitoyable avec les prolétaires des pays pauvres. Pendant que les Obama ou Hollande péroraient sur la « transition démocratique », les groupes capitalistes continuaient à piller l’Égypte, à pousser les masses laborieuses vers l’abîme, mais aussi à financer et à entraîner son armée. Le Général Al-Sissi, nouveau candidat à la dictature, a été formé dans une école de guerre des États-Unis. Les protestations des chefs d’États occidentaux contre la violence de l’armée dissimulent leur complicité hypocrite. Il ne faut pas s’y tromper : même si l’armée cible les « Frères musulmans » et si elle prétend défendre la laïcité et le droit des femmes ou la minorité chrétienne, c’est surtout les classes pauvres que l’armée veut terroriser avec l’approbation des grandes puissances. (pour lire la suite cliquer sur "plus d'infos")

lundi 15 juillet 2013

Brétigny : une catastrophe annoncée (éditorial de LO)

Il faudra sans doute des semaines, des mois d’investigations pour déterminer la raison exacte pour laquelle une éclisse s’est désolidarisée du rail, entraînant la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge, la catastrophe ferroviaire la plus grave depuis 25 ans. Mais il n’y a pas besoin d’une triple enquête, de la SNCF, de la justice et du ministère des Transports, pour mettre en cause la vétusté des infrastructures et du matériel des chemins de fer.
Si la cause immédiate du déraillement était accidentelle, c’était quand même un accident annoncé. Les cheminots le craignaient. Et pour cause ! L’administration de RFF (Réseau Ferré de France) elle-même, parle « d’usure des rails, des ballasts ». « 60 % du réseau seront inutilisables à l’horizon 2025 », assure un organisme spécialisé.
Les usagers du chemin de fer, en particulier ceux qui prennent les trains de banlieue, le RER ou les trains express régionaux, constatent depuis des années la dégradation continue du réseau. Ils le constatent par les pannes à répétition, par les retards qui, sur certaines lignes, sont quotidiens,.
Les cheminots dénoncent la difficulté croissante d’assurer correctement la maintenance et le contrôle du matériel. Alors que le trafic est en croissance, les cheminots sont de moins en moins nombreux.
La réduction des effectifs se traduit par la fermeture de brigades, l’éclatement des équipes qui ont l’habitude de travailler ensemble. L’appel à la sous-traitance, la privatisation d’un nombre croissant de tâches aboutissent à une maintenance de moins en moins maîtrisée.
Depuis que la direction de la SNCF a écarté « l’erreur humaine », si souvent incriminée pour éviter de parler de la défaillance du matériel, tout le monde pointe l’insuffisance des investissements et les réductions d’effectifs.
Mais pourquoi ces sous-investissements ? Pourquoi ces réductions d’effectifs ? Pourquoi, jour après jour, ces pannes, ces problèmes de caténaires, ces défauts de signalisation, ces fréquentes ruptures d’alimentation électrique ? Pourquoi cette situation qui rend insupportable la vie de tous ceux qui, pour se rendre à leur travail, sont obligés de prendre le train, et qui, à Brétigny, s’est transformée en catastrophe ? (Pour lire la suite cliquer sur "plus d'infos")

lundi 24 juin 2013

Chômage, pouvoir d’achat, retraite, la coupe se remplit : elle finira par déborder ! (éditorial de LO du 24 juin 2013)

Emploi, salaires, retraites, compétitivité, TVA : sur tous ces sujets, il n’y a aucune différence entre la politique menée par Hollande et celle que menait Sarkozy, si ce n’est dans la méthode affichée. A la différence de la droite, qui assumait ses attaques contre les classes populaires, le gouvernement socialiste est plus hypocrite. Comme la réforme du code du travail, la réforme des retraites doit, dit-il, être le fruit du « dialogue social » et de la « concertation ». Quelle mascarade !
Le gouvernement n’a peut-être pas arrêté toutes les modalités de sa future réforme, mais il en a décidé l’essentiel : la durée de cotisation sera augmentée pour tout le monde, jusqu’à 43 ou 44 années. Les confédérations syndicales et le patronat peuvent discuter pendant des semaines et s’empailler sur des détails, le recul est décidé et programmé par le gouvernement. La date du vote à l’Assemblée est même peut-être fixée. Il ne manque plus que l’enrobage.
Parce que le gouvernement réfléchit à des aménagements pour les jeunes, les femmes et les métiers pénibles, il parle de réforme « juste ». Mais ce qu’il donnera d’une main, il le reprendra de l’autre car en augmentant la durée de cotisation pour tous, c’est bien tous les travailleurs qui reculeront !
Quant à prétendre que cette réforme n’aurait rien à voir avec celle de Sarkozy car l’âge de départ ne sera pas touché, c’est se moquer du monde ! Avec 43 ou 44 annuités de cotisation, il faudrait commencer à travailler à 19 et 18 ans pour toucher une retraite complète à 62 ans. Faut-il rappeler qu’un jeune de moins de 25 ans sur quatre est aujourd’hui au chômage ?
Ce discours sur une réforme « juste » est de la poudre aux yeux. Que le gouvernement parvienne ou pas à entraîner dans son jeu les confédérations syndicales ne rendra pas cette attaque meilleure.
« Nous vivons plus longtemps, nous pouvons travailler plus longtemps », entend-on du matin au soir. Mais avant de forcer les salariés à travailler jusqu’à 65 ou 67 ans, il faudrait embaucher les chômeurs. Et que dire des centaines de milliers de femmes et d’hommes qui ne « peuvent » pas travailler plus longtemps parce qu’ils sont licenciés, malades ou en invalidité bien avant 60 ans. (pour lire la suite cliquer sur plus d'infos)

lundi 10 juin 2013

Extrême droite : un danger pour toute la classe ouvrière (éditorial de LO)

Mercredi dernier, le jeune Clément Méric a été frappé à mort par des skinheads. Son tort ? Avoir été antiraciste et ne pas l’avoir caché. Les groupuscules d’extrême droite n’en sont pas à leur premier coup. Armés, ils s’entraînent à frapper et agressent ceux dont la tête ou les idées ne leur plaisent pas, étrangers, homosexuels, ou encore militants de gauche, au hasard des rencontres.
Ce meurtre politique aurait pu survenir n’importe quand, mais il s’est produit après les manifestations contre le mariage homosexuel, transformées en démonstration de force de la droite réactionnaire. Il s’est produit alors que des groupes violents ont profité de ces manifestations pour se mobiliser, faire de la surenchère et multiplier les agressions.
On ne peut pas se contenter de déplorer une bagarre qui a mal tourné. Cet assassinat doit d’autant plus nous alerter qu’il y a dans le pays un climat qui favorise le renforcement du Front national et de ces groupuscules fascisants.
Quoi qu’en dise Marine Le Pen, les deux vont de pair. Depuis qu’elle a pris la tête du FN, elle dit avoir exclu ceux qui affichaient des idées fascisantes. Elle a compris que les petits patrons anti-ouvriers, les calotins et les ex-légionnaires ne suffiraient pas à la faire élire. Pour brasser plus large, il lui faut donc rendre le FN plus présentable.
Mais le Front National s’est créé et continue de prospérer sur l’idéologie raciste et nationaliste, sur la perspective d’un régime autoritaire et haineux à l’égard des pauvres et impitoyable avec les travailleurs et leurs organisations. Jean-Marie Le Pen, qui a été dans sa jeunesse un pilier de l’extrême droite fascisante et parachutiste dans l’armée tortionnaire pendant la guerre d’Algérie, ne s’en est jamais caché.
Même quand Le Pen fille cherche à donner au FN une allure respectable, sa politique empeste le racisme. Le FN prétend se battre pour que chacun ait un emploi et un logement, mais c’est à condition d’être français. Il s’oppose à la baisse des allocations familiales pour les Français ; pour les travailleurs immigrés, il défend leur suppression !
Il n’y a donc rien d’étonnant de voir des nervis à croix gammée grenouiller dans le milieu du FN. Et rien de surprenant à ce que Marine Le Pen elle-même soit liée personnellement à ces gros bras. Plus le FN se renforcera, plus ces gens-là se sentiront confortés.
Il serait naïf de croire qu’une dissolution administrative nous protégera de ces groupes qui se reconstitueront aussitôt dissous. La crise, l’aggravation du chômage et de la misère ne manqueront pas de renforcer le nationalisme, les préjugés xénophobes, les idées protectionnistes.
La droite prétend combattre le Front national… en reprenant ses idées ! C’est la raison pour laquelle Sarkozy avait lancé le fameux débat sur l’identité nationale et s’en était pris aux Roms. C’est pourquoi Copé s’est inquiété du vol d’un pain au chocolat en plein ramadan et des prières de rue.
Le rapprochement de la droite et de l’extrême droite est tel que certains dirigeants de l’UMP n’ont pas été gênés de manifester contre le mariage homosexuel aux côtés des députés FN. Et combien se préparent à s’allier au FN lors des élections municipales ?
Mais, pendant que la droite court derrière le Front national, le Parti socialiste court derrière la droite. Alors que la gauche dans l’opposition critiquait les expulsions de sans-papiers, c’est elle qui se retrouve aujourd’hui à les ordonner et à les justifier. Alors qu’elle dénonçait un « traitement inhumain » des Roms, c’est elle maintenant qui les chasse et les accable. Alors qu’elle avait promis le droit de vote aux étrangers non européens aux élections locales, elle y renonce !
Chacun de ces reniements renforce l’extrême droite. Mais elle prospère aussi et surtout sur la démoralisation engendrée par sa politique anti- ouvrière qui pousse les plus désespérés et les plus déboussolés à voter FN. Alors, n’en doutons pas, le gouvernement de gauche sera aussi impuissant face à la montée de l’extrême droite qu’il l’est aujourd’hui face aux diktats patronaux.
Dans l’avenir, les travailleurs auront donc à se défendre non seulement contre les attaques patronales, mais aussi sans doute contre celles de groupes d’extrême droite. Les travailleurs en ont la force. S’ils prennent conscience de leurs intérêts matériels et politiques et se battent pour, ils trouveront la voie de l’unité.
Qu’ils soient français ou étrangers, les travailleurs ont besoin d’un emploi, d’un salaire et d’une retraite pour vivre. Le ciment de leur unité doit être leurs intérêts de classe.

jeudi 6 juin 2013

Après l’assassinat d’un jeune militant de gauche par des nervis d’extrême droite

Des nervis d’extrême droite ont battu à mort, hier à Paris, le jeune militant de gauche Clément Méric, 18 ans.
Cela fait plusieurs mois que, à la faveur des manifestations contre le mariage homosexuel, l’extrême droite plastronne et s’enhardit. Même si le Front national condamne ces violences, les uns et les autres partagent les mêmes idées. Leur objectif à tous, c’est une dictature anti-ouvrière, où les Roms et les sans-papiers, les syndicalistes, les militants de gauche et d’extrême gauche, les homosexuels seraient pourchassés et réprimés. La droite, dont de nombreux dirigeants viennent de cette mouvance, est toute prête à pactiser.
Les skinheads comme ceux qui ont assassiné le jeune militant de gauche sont des barbares. Pour l’instant, ils ne constituent pas des troupes de choc contre le mouvement ouvrier mais ce serait une naïveté de ne pas préparer les travailleurs et les militants de gauche les plus conscients aux luttes politiques contre l’extrême droite que le développement de la crise peut engendrer.
Pour faire face à la montée d’un tel danger, il n’y a rien à attendre d’un gouvernement de gauche, quel qu’il soit, quel que soit son président ou son premier ministre. Il sera tout aussi impuissant devant l’extrême droite qu’il l’est devant la politique patronale. Seuls les travailleurs, s’ils sont soudés et se battent consciemment et collectivement pour imposer des mesures de survie peuvent représenter une force qui représente un espoir pour l’ensemble des couches populaires. Et seule une telle force sera capable de balayer le danger de l’extrême droite. Contribuer à ce que ces idées se renforcent dans la classe ouvrière et les classes populaires est une tâche urgente.
Lutte Ouvrière s’associe à la protestation qu’entend exprimer le rassemblement de ce jeudi 6 juin à 18h30, place Saint-Michel à Paris.

Nathalie Arthaud

mercredi 8 mai 2013

L'éditorial de LO revient sur la manifestation de Mélanchon du dimanche 6 mai : C’est la domination de la bourgeoisie qu’il faut balayer !

Comme les dizaines de milliers de personnes qui ont manifesté dimanche dernier à la Bastille, il y a de quoi être en colère contre la politique du gouvernement Hollande.
Il y a de quoi être révolté de le voir s’aplatir en permanence face au grand patronat et de renier ses maigres promesses. Il y a de quoi être écœuré par sa lâcheté !
Il est rageant aussi de voir comment la politique du gouvernement fait le lit du Front national. Mais le gouvernement ne changera pas de politique. Alors que des millions de familles ouvrières sont plongées dans la misère, Ayrault a osé dire : « Il n’y a pas d’austérité, c’est une invention de propagande » ! Il n’y a plus rien à demander à ce gouvernement, plus rien à en attendre, si ce n’est de nouvelles attaques, en particulier contre les retraites.
Mais après Hollande, s’en remettre à Mélenchon serait aller d’illusion en illusion. Mélenchon a beau traiter les ministres de « bande d’incapables » et considérer que Hollande est responsable de la crise, sa seule perspective est de devenir son Premier ministre, avec la même majorité gouvernementale !
Au-delà de la personne de Mélenchon, ce serait une illusion de mettre nos espoirs dans un « bon » gouvernement de gauche. Dans cette période de crise, il ne peut pas y avoir de « bon » gouvernement pour les travailleurs sans déclarer la guerre aux exploiteurs, à leurs profits et à ce qui fonde leur pouvoir, le droit de propriété capitaliste.
(pour lire la suite cliquer sur "plus d'info")

lundi 29 avril 2013

« Ni Dieu, ni César, ni tribun, producteurs, sauvons-nous nous-mêmes ! » (éditorial de Lutte Ouvrière)

Le gouvernement n’a pas encore un an mais il a déjà perdu tout crédit dans les classes populaires. Son bilan est sans appel car s’il y a bien du changement, c’est en pire : la menace du chômage pèse sur tout le monde, les conditions de travail sont de plus en plus dures, le chantage patronal à la baisse des salaires se généralise.
Les travailleurs ont fait l’expérience qu’ils n’avaient rien à attendre de ce gouvernement prétendument socialiste, si ce n’est des coups. Car le gouvernement ne s’est pas contenté de regarder le patronat licencier et aggraver les conditions de travail, il l’a aidé, il en a été le complice et le fidèle serviteur, tout comme Sarkozy. Pour ultime preuve de sa servilité, le gouvernement vient même de refuser son soutien à la loi d’amnistie sociale !
Alors, si Hollande bat le record d’impopularité, tous présidents confondus, et ce, en moins de douze mois, il ne fait que récolter ce qu’il a semé ! Mais les travailleurs qui se détournent de Hollande n’ont pas à reporter leurs espoirs sur de nouveaux marchands d’illusions.
Il faut combattre comme la peste les illusions véhiculées par l’extrême droite dans les classes populaires. Derrière sa démagogie, le FN est le défenseur des riches et de la société capitaliste dans sa pire version autoritaire et xénophobe.
Mais il y a aussi des marchands d’illusions à gauche. Jean-Luc Mélenchon en est le prototype. Il se pose en alternative et se propose même pour le poste de Premier ministre, nous expliquant qu’il saurait, lui, lutter contre le chômage, qu’il a, lui, une solution pour relancer l’économie et qu’il saurait, lui, en faire ravaler aux banquiers !
Mais comment ? Pour ne pas être pris à la gorge par la finance, il faudrait vouloir la combattre et pas qu’avec des mots. Il faudrait vouloir lui enlever la propriété sur les entreprises, sur les banques. Pour combattre le pouvoir de l’argent et de la finance, il faut être décidé à exproprier la bourgeoisie, à arracher les racines de son pouvoir.
C’est la propriété sur les entreprises qui donne le pouvoir à une minorité de décider d’ouvrir ou de fermer des entreprises, d’investir ou pas. Si l’on n’est pas prêt à remettre en cause ce droit de propriété capitaliste, on est voué à se soumettre, que l’on s’appelle Hollande ou Mélenchon !
Il ne suffit pas d’avoir le sens de la formule et d’appeler à une manifestation le 5 mai pour être radical. Faut-il rappeler que le 18 mars 2012, Mélenchon avait appelé à « prendre la Bastille » pour ensuite demander à tous de voter Hollande ? Cette fois, il appelle « le peuple de gauche » à manifester, mais c’est pour devenir Premier ministre. Le suivre serait aller d’illusions en illusions.

mardi 12 mars 2013

éditorial de Lutte Ouvrière du 11 mars : Il n’y a pas de sauveur suprême, ni au Venezuela ni ailleurs

Les commentateurs des médias ont été étonnés devant les foules immenses de pauvres, qui, au Venezuela, ont accompagné les obsèques de Chavez.
Eh oui, Chavez était un président qui avait su attirer la sympathie des masses pauvres de son pays. Mais comme en témoignait la présence de plusieurs dizaines de chefs d’Etat ou leurs représentants, il avait su tout aussi bien se faire accepter par les grands dignitaires de ce monde.
Chavez était un des rares chefs d’État de pays sous-développés qui avait su dire non aux grandes puissances, en l’occurrence les États-Unis, et aux représentants des grands trusts qui dominent l’économie de ces pays.
De plus, il avait une politique sociale qui tranchait sur celles de tant de dirigeants politiques d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie. Ceux-ci empochent les miettes que leur concèdent les grands trusts qui pillent leurs pays sans en laisser la moindre retombée pour leurs peuples. Il a utilisé une partie de l’argent du pétrole pour créer des écoles et des centres de santé dans les quartiers populaires alors que tant de protégés de grandes puissances se moquent d’apprendre à lire et à écrire aux enfants de leurs pays et ne se soucient même pas qu’ils puissent manger à leur faim.
Chavez a su s’opposer aux multinationales américaines et imposer ses conditions. Mais il n’est pas allé jusqu’à confisquer les intérêts étrangers dans le pétrole. Il s’est contenté d’accroître le contrôle de l’État et cela a suffi pour qu’il devienne la bête noire des américains.
C’est son courage à s’opposer à la première puissance mondiale qui a fait sa popularité. Il a redonné fierté et dignité à son peuple piétiné par l’impérialisme.
La popularité dont bénéficiait Chavez donne une idée, fut-ce indirectement de la haine suscitée en Amérique latine par la domination impérialiste et en particulier par les Etats-Unis.
Ces peuples ont été exploités, opprimés pendant des siècles. Leurs richesses naturelles ont été pillées. Pour tirer bénéfice de la culture de la canne à sucre, du coton on leur a imposé l’esclavage. La mémoire de ce passé de pillage, d’oppression et d’exploitation survit d’autant plus qu’il continue sous d’autres formes. La souffrance des victimes des putschs et des dictatures soutenues par les Etats-Unis n’est pas seulement inscrite dans la mémoire collective, elle est inscrite dans la chair de millions de femmes et d’hommes en lettres de sang.
La présence aux obsèques de Chavez de tant de chefs d’Etat ou de leurs représentants a montré que ceux-ci reconnaissaient en lui un des leurs. Chavez était intégré au concert des chefs d’Etat et au monde capitaliste.
Chavez ne combattait pas réellement l’impérialisme car il ne combattait pas la base sur laquelle il repose : la propriété capitaliste. Si l’État a pris, en partie, le contrôle de l’industrie pétrolière, il n’a pas exproprié les classes possédantes. Les riches ont continué à prospérer et sont toujours les maîtres de l’économie. Quant à « l’ennemi américain » il continue de piller le pétrole tant et si bien que le Venezuela est resté son principal fournisseur.
Malgré les mesures sociales, le pays est empêtré dans le sous-développement. Redistribuer aux plus pauvres une partie de la rente pétrolière n’a pas supprimé les inégalités, le chômage et la misère car l’économie du pays continue d’être pillée et dominée par les grandes puissances.
Sauf mettre à bas l’impérialisme, il n’y a pas d’échappatoire pour les pays pauvres. Et cela ne peut pas être le fait d’un homme providentiel car il ne s’agit pas seulement de remplacer un homme par un autre. Il s’agit de transformer les bases de la société, de remettre en cause la propriété capitaliste et faire en sorte qu’il n’y ait plus de privilèges et de privilégiés.
Cela ne peut se faire sans que la classe ouvrière s’en mêle. Cela ne peut se faire que collectivement, par l’organisation consciente de tous les exploités prenant la direction de l’économie. C’est la seule voie qui peut faire en sorte que dans des pays comme le Venezuela, l’Algérie, le Niger, le Gabon et bien d’autres encore, la grande majorité de la population ne soit pas condamnée à la misère.
En revenant des obsèques de Chavez, le ministre socialiste de l’outre-mer a déclaré, en substance, que le monde gagnerait si, parmi les dirigeants des pays pauvres, il y en avait qui ressemblaient à Chavez. Quelle hypocrisie ! Si tant de régimes pourris et corrompus perdurent en Afrique, c’est en raison du soutien, au besoin militaire, de l’impérialisme français. Et ce, que le gouvernement soit de droite ou de gauche.