mardi 10 septembre 2013

Après la journée d’action du 10 septembre (communiqué de presse)

Un grand nombre de travailleurs, et en particulier des militants, se sont saisis de l’occasion offerte par l’appel à manifester de la CGT, FO, FSU et Solidaires contre le projet du gouvernement sur les retraites, pour exprimer leur opposition aussi bien à ce projet scandaleux que, plus généralement, à la politique du gouvernement, entièrement au service des intérêts du grand patronat et désastreuse pour les salariés, les chômeurs, les retraités.
Il serait naïf de croire que l’on peut faire reculer la grande bourgeoisie et le gouvernement autrement que par une lutte déterminée, massive, explosive, entraînant de larges couches d’exploités qui subissent la dégradation brutale de leurs conditions d’existence par la violence patronale et gouvernementale. Mais celles et ceux qui ont participé aux manifestations malgré les arrière-pensées des directions syndicales et leur incapacité à proposer une stratégie de lutte, ont eu raison de faire entendre une protestation venant du monde du travail.
Pour les travailleurs, l’avenir dépendra de leur capacité à engager la lutte collective nécessaire, mais il est important de saisir toutes les occasions de montrer qu’ils ne se reconnaissent en rien dans ce gouvernement et dans les mesures qu’il prend.
Nathalie Arthaud

lundi 9 septembre 2013

Mardi 10 septembre, manifestons notre refus de la politique du gouvernement ! (Communiqué de presse)

Les gesticulations guerrières de Hollande en direction de la Syrie ne peuvent certainement pas faire oublier les coups portés aux travailleurs. Mardi 10, la CGT, FO, la FSU et Solidaires appellent à faire grève et à manifester. C’est l’occasion de protester contre ce nouveau racket sur les pensions.
Tout est odieux, dans cette attaque : l’allongement de la durée de cotisation à 43 annuités, dont le but est d’abaisser les pensions ; l’augmentation des cotisations, à sens unique, puisque les patrons ont l’assurance qu’elle sera compensée tandis que les travailleurs, eux, paieront ; le report de la revalorisation des pensions du 1^er avril au 1er octobre, qui est un vol dissimulé de 1,5 milliard dans les poches des retraités.
Cette attaque contre les retraites justifie à elle seule de manifester, mais il y a bien d’autres raisons. Flambée des prix, augmentation des impôts, gel des salaires, angoisse du chômage et de la précarité, les conditions de vie sont menacées par tous les bouts !
Cette journée de grève ne bouleversera pas le rapport de force au point de faire peur au grand patronat et il faudra en passer par là pour ne pas être poussés vers la pauvreté. Mais on peut toujours crier notre colère et dire au patronat avide et au gouvernement servile « Non, ça suffit » !
Nathalie Arthaud
 A Paris, la manifestation partira à 14 h de la place de la République. LO organise un point fixe (Métro "Saint Ambroise" ou "Filles du calvaire", en fonction du trajet de la manifestation)

jeudi 5 septembre 2013

Le 10 septembre, il faut dire : « Ça suffit ! »

Quatre organisations syndicales, la CGT, FO, la FSU et Solidaires, appellent à une journée de grèves et de manifestations le mardi 10 septembre. C’est bien le moins en cette rentrée, alors que les attaques contre les travailleurs se multiplient.
Si le gouvernement Hollande-Ayrault veut satisfaire quelqu’un, c’est avant tout le patronat. C’est ce que montrent les mesures sur les retraites qu’il annonce. Il y aura bien une augmentation des cotisations pour combler le déficit annoncé des caisses de retraite, partagée à égalité entre part salariale et part patronale. Mais il annonce que cette cotisation supplémentaire sera compensée pour les patrons par la baisse au moins égale de leurs cotisations d’allocations familiales, et aussi par des baisses d’impôts. Autrement dit, non seulement le patronat ne paiera pas plus, mais même il y gagnera.
Tout le monde n’a pas droit aux mêmes égards. Les travailleurs et les retraités, eux, reçoivent des avis d’imposition en hausse du fait du gel des barèmes. La hausse des cotisations de retraite se traduira par une baisse des salaires alors que ceux-ci sont déjà bloqués depuis des années. Enfin, le gouvernement déclare qu’il ne touchera pas à l’âge de la retraite, qui restera à 62 ans, mais en même temps il prévoit d’augmenter la durée de cotisation nécessaire, qui passera progressivement à 43 ans. On ne peut être plus hypocrite car ainsi pour avoir droit à une retraite pleine il faudra attendre d’avoir 63, 64, 65 ans ou plus ! Tous ceux qui ne le pourront pas toucheront une pension de retraite diminuée.
À cela s’ajoutent encore d’autres mesures, comme le décalage de six mois de la revalorisation des pensions, qui passera du 1er avril au 1er octobre, ou la décision de rendre imposable la majoration de 10 % dont bénéficient les parents de trois enfants : c’est encore cela de gagné sur le dos des retraités présents et futurs.
Réunis en université d’été, les dirigeants du Medef ont fait le compte des milliards qu’ils peuvent espérer des mesures gouvernementales, tout en ajoutant qu’elles ne suffisent pas. D’après eux, il faut encore baisser ce qu’ils appellent « le coût du travail », autrement dit baisser encore les impôts et les cotisations qu’ils payent, quitte à les faire payer par les salariés, ou par la collectivité. Et pourquoi les patrons s’en priveraient-ils puisque, avec ce gouvernement, il leur suffit de demander ?
(éditorial de LO -- pour lire la suite cliquer sur "plus d'infos")

samedi 31 août 2013

Communiqué de presse de Nathalie Arthaud du 28 août

À bas la réforme Ayrault des retraites !
Le gouvernement a donc annoncé la hausse des cotisations retraite. Par ailleurs, la durée de cotisation va être portée de 41,5 à 43 ans pour une retraite à taux plein. Autant dire que la retraite à 60 ans, que le PS avait promis de rétablir, et même à 62 ans, n’existera plus pour personne ; qui, aujourd’hui, travaille à partir de 17 ou 19 ans pour cotiser ensuite sans interruption ? Cette réforme va immédiatement réduire les salaires et, de façon déguisée, les pensions de tous dès l’an prochain. À terme, elle diminuera également les retraites, ou obligera les travailleurs à s’épuiser à la tâche, jusqu’à 63, 65 ou 67 ans.
Cette réforme est donc dans la droite ligne de toutes les régressions des régimes de retraite depuis vingt ans, la réforme Sarkozy-Fillon de 2010 incluse. Elle s’ajoute à tous les coups que le gouvernement et le patronat assènent aux travailleurs pour leur faire payer la crise.
Ce nouveau recul est inacceptable. Lutte Ouvrière appelle à participer le plus nombreux possible aux grèves et aux manifestations du 10 septembre. Une seule journée d’action, sans lendemain, n’empêchera pas le gouvernement de mettre en place son projet scélérat et encore moins le contraindra à changer de politique. Mais c’est une première occasion de crier notre colère et notre refus. Cela permettra de montrer, au gouvernement, au patronat, et aussi aux dirigeants des confédérations syndicales qui prennent prétexte de la passivité des travailleurs pour justifier leur propre inertie, que le monde du travail en a assez de toujours subir sans réagir.
Nathalie Arthaud

samedi 24 août 2013

Accident à la piscine de Draveil : Quand la logique privée ne rime pas avec la sécurité.

Jeudi dernier on annonçait la quasi noyade d'un très jeune garçon (de 5 ans) dans une des piscines du centre Aqua Sénart de Draveil. L'enfant est toujours hospitalisé dans un état grave. Ce tragique incident s'inscrit dans une longue série de noyades survenues cet été ayant fait plusieurs dizaines de morts. On se souvient que si les autorités et les médias ont surtout insisté sur les risques pris par les baigneurs eux-mêmes, les maîtres-nageurs avaient, eux, dénoncé la suppression d'un tiers de leurs postes.

Situé sur la commune de Draveil, la construction d'un centre aquatique a été décidé par la communauté d'agglomération qui regroupe également Vigneux et Montgeron. Cet équipement s'ajoute à trois petites piscines municipales et est très apprécié, sauf pour ses prix ! Après des travaux coûteux (18,5 millions d'euros) et des retards, le centre a ouvert il y a deux ans. La gestion en a été confié depuis une année au groupe « Vert-Marine », responsable de l'entretien courant et qui reçoit... plus de 500 000 euros par an de l'agglomération pour « équilibrer son budget ».

Ce groupe gère 70 sites (piscines, patinoires, bases de loisirs...) sur toute la France, confiés par des communes ou des agglomérations. La réputation de « Vert-Marine » n'est pas très brillante. En décembre dernier les 3 dirigeants de cette société étaient condamnés à verser des centaines de milliers d'euros de caution dans une affaire de « recel de favoritisme » (c'est à dire d'entente illégale pour tenter de récupérer la gestion d'un site), et, comme le révélait le journal « Paris Normandie », les enquêteurs tentaient de « démêler les liens financiers entre les différentes filiales de Vert-Marine ou des sociétés dans lesquelles sont actionnaires ces dirigeants mis en examen »...

Sur de nombreux sites les employés se plaignent des salaires insuffisants et des conditions de travail. Des grèves, souvent à l'initiative des maîtres-nageurs ont éclatés pour revendiquer des augmentations et pour dénoncer le mépris de la hiérarchie. En juillet dernier, les salariés en grève à Saint-Brévin (44) dénonçaient «  le manque de cohérence réglementaire vis-à-vis de la sécurité du public et du respect du Code du travail (formation des personnels aux procédures de sécurité notamment) » et revendiquaient « le paiement des dimanches et fériés, les primes, les conditions de prises de congé et plus simplement le respect du personnel».

Alors il ne faudrait pas que dans cette affaire les maître-nageurs soient les lampistes, et que les responsables de tout ce système s'en sortent indemnes, que ce soient les dirigeants du groupe Vert-Marine bien plus préoccupés par leurs profits que par la sécurité ou les responsables politiques locaux qui confient les piscines aux intérêts privés.

lundi 19 août 2013

Les leçons d’Égypte

Il y a deux ans, une puissante vague de manifestations populaires a incité l’état-major de l’armée égyptienne à lâcher le Général Moubarak, tombé après plus de trente ans de pouvoir. Les dirigeants du monde impérialiste, les États-Unis en tête, se sont alors bruyamment félicités de la fin de la dictature militaire qu’ils avaient soutenue, financée et armée tant qu’elle s’était montrée capable de maintenir l’ordre. Et tous de faire des discours sur le « printemps arabe » qui allait accoucher d’une démocratie et d’une ère nouvelle pour le peuple égyptien.
Non seulement le « printemps » annoncé n’a pas assuré le pain pour les masses pauvres, paysans misérables et prolétaires des villes, mais en guise de liberté, c’est le retour de l’armée dans les rues, avec en plus l’approbation d’une partie de la population écoeurée par la politique de Mohamed Morsi, représentant des « Frères musulmans », élu président il y a à peine un an et démis du pouvoir par l’armée. Aujourd’hui, l’Égypte est à feu et à sang, les grandes villes quadrillées de chars, militaires et policiers tirant à balles réelles, y compris sur des manifestants désarmés. Mille morts, sans doute deux mille, des quartiers en flammes et une guerre civile qui prend de l’ampleur.
Cette guerre civile est aussi sanglante que stérile du point de vue des intérêts de l’immense majorité pauvre de la population. Il y a d’un côté l’armée, l’état-major et la caste des officiers supérieurs, qui ont imposé un régime de répression féroce pendant plus d’un demi-siècle en faisant se succéder les leurs à la tête de l’État. L’ordre social que l’armée protège préserve avant tout les intérêts matériels de la grande bourgeoisie, surtout internationale, le pillage du pays par les grands groupes occidentaux, sans parler du rôle stratégique du régime égyptien au Moyen-Orient.
En face de l’armée, il y a les « Frères musulmans ». L’un d’eux est certes arrivé au pouvoir par les urnes, mais ils veulent imposer à la population une autre forme de régime autoritaire, marqué par l’obscurantisme, par la violence contre ceux qui ne partagent pas leurs croyances et par l’oppression des femmes. Ces deux forces sont rivales, mais aussi déterminées l’une que l’autre à tenir sous contrôle les masses pauvres.
Le drame du peuple égyptien est d’être déchiré entre deux forces politiques, aussi incapables l’une que l’autre d’assurer même les simples libertés démocratiques et à plus forte raison, de mettre fin au sous-développement du pays et à l’immense misère de ses classes laborieuses. Et les deux sont intimement liés. Comment les exploiteurs pourraient concéder les libertés démocratiques aux exploités là où les inégalités sociales sont aussi criantes et la misère aussi grande ?
La chute de Moubarak n’a rien changé à tout cela. La situation de la population laborieuse n’a cessé de se détériorer parce que c’est la crise économique, parce que le chômage s’est aggravé, notamment avec l’effondrement du tourisme, parce que, dans sa guerre pour préserver ses profits, la grande bourgeoisie est impitoyable avec les prolétaires des pays pauvres. Pendant que les Obama ou Hollande péroraient sur la « transition démocratique », les groupes capitalistes continuaient à piller l’Égypte, à pousser les masses laborieuses vers l’abîme, mais aussi à financer et à entraîner son armée. Le Général Al-Sissi, nouveau candidat à la dictature, a été formé dans une école de guerre des États-Unis. Les protestations des chefs d’États occidentaux contre la violence de l’armée dissimulent leur complicité hypocrite. Il ne faut pas s’y tromper : même si l’armée cible les « Frères musulmans » et si elle prétend défendre la laïcité et le droit des femmes ou la minorité chrétienne, c’est surtout les classes pauvres que l’armée veut terroriser avec l’approbation des grandes puissances. (pour lire la suite cliquer sur "plus d'infos")