lundi 12 janvier 2015

Ne laissons pas nos ennemis de classe dresser les travailleurs les uns contre les autres !

L’horreur des attentats a bouleversé la population. Plusieurs millions de femmes et d’hommes ont exprimé leur indignation le week-end dernier. Mais au nom de l’unité nationale, les dirigeants se livrent à une récupération politique qui est un piège pour les travailleurs.
Oui, ces assassins sont des barbares. Ils ont décimé la rédaction de Charlie Hebdo au prétexte que ce journal avait commis un blasphème. Au passage, ils ont tué un ouvrier de maintenance et des policiers. Ils ont assassiné quatre personnes parce qu’elles étaient de confession juive. Ce ne sont pas seulement des ennemis de la liberté d’expression, ce sont des ennemis de la liberté tout court et, par là même, des ennemis de classe.
Il faut les combattre au nom des intérêts des travailleurs car la violence destinée à faire taire toute expression divergente frappera avant tout les classes exploitées, leur liberté de contester, leur liberté de s’organiser et de revendiquer, quelle que soit leur origine, leur confession ou leur nationalité. C’est ce qui s’est passé en Algérie lors de la terrible guerre civile des années 1990. Les mêmes s’étaient d’abord attaqués aux journalistes, puis aux féministes et aux syndicalistes.
Pour ces gens-là, la religion n’est qu’un instrument de lutte pour le pouvoir. Ils utilisent l’Islam et les divisions religieuses pour creuser un fossé de sang et s’imposer par la terreur comme les seuls représentants de ce qu’ils appellent leur « communauté ». Contre ces apprentis dictateurs, les travailleurs doivent reconnaître une seule et unique communauté, celle des travailleurs et des exploités de tous les pays.
Il faut rejeter tout appel à l’union sacrée. Comme le gouvernement américain avait exploité l’émotion du 11 septembre 2001 pour partir en guerre en Afghanistan puis en Irak, Hollande veut profiter de l’émotion pour justifier l’intervention au Mali, en Centrafrique et en Irak. Au nom de la lutte anti-terroriste, il veut légitimer par avance les aventures militaires à venir.
Mais qui sème la barbarie partout dans le monde ? Les bandes djihadistes qui terrorisent une partie du Moyen-Orient et de l’Afrique et qui cherchent à agir ici ne sont pas nées de rien. Elles sont le fruit de la politique infâme et des guerres perpétrées par les grandes puissances en Libye et en Irak pour imposer leur domination.
« La guerre est déclarée », entend-on depuis les attentats. Mais la France est en guerre depuis longtemps ! Les peuples palestinien et israélien vivent en état de guerre depuis un demi-siècle !
Les grandes puissances pillent, bombardent des régions entières pour les intérêts des groupes capitalistes. Elles sèment les frustrations, l’injustice et la terreur dans les pays opprimés. Aujourd’hui, c’est cette violence qui nous rattrape, car la barbarie engendre la barbarie. Pour la combattre, il faut remettre en cause la société capitaliste.
Dimanche, des millions de personnes ont manifesté pour la liberté et la tolérance. Et qu’entend-on de la part de Hollande, de Valls et de Sarkozy ? Qu’il faut plus de mesures sécuritaires, qu’il faut durcir les règles contre l’immigration. Et, pire, à entendre le FN, il faudrait la peine de mort !
Pour quelques crapules embrigadées par les filières terroristes, combien y aura-t-il de contrôles au faciès, de jeunes de banlieue confrontés au racisme et à la suspicion généralisée ? Ce dont on a besoin pour les jeunes, ce n’est pas de plus de prisons, première source de recrutement des djihadistes, c’est de travail, d’éducation, c’est d’une société qui offre des perspectives à chacun.
L’émotion légitime doit laisser place à la conscience et au combat de classe car tous les mécanismes d’un engrenage mortel pour les travailleurs sont en place.
Au nom de la lutte contre le terrorisme, on veut nous forcer à nous aligner derrière le camp des gouvernements prétendument démocrates mais qui mettent la planète à feu et à sang. Dimanche, Hollande a fait marcher une partie de la population derrière des dictateurs africains comme Bongo ou des terroristes d’État comme le Premier ministre israélien Netanyahou. Cela résume bien sa politique !
Eh bien, ne nous laissons pas embrigader dans cette union sacrée ! Ne laissons ni Hollande, ni Sarkozy, ni Le Pen parler au nom des travailleurs !
Nous sommes tous des travailleurs, quelle que soit notre origine. Il est vital que nous, travailleurs, exploités, opprimés, nous nous sentions une classe unie par nos intérêts pour nous défendre contre nos exploiteurs mais surtout contre un système capitaliste qui plonge l’humanité dans la barbarie.
(éditorial de LO du lundi 12 janvier 2015)

samedi 10 janvier 2015

Quelques "brèves" pour réfléchir, à propos de l'actualité tragique de ces derniers jours...


Les journalistes de Charlie hebdo étaient conscients des risques qu’ils prenaient en choisissant de dénoncer les cléricalismes de tous bords, les dogmes sociaux et moraux. Ils avaient pris le parti d’en rire et de faire rire des fanatismes d’où qu’ils viennent. Ils montraient par leurs dessins qu’ils n’adhéraient pas à l’ordre et à la politique décidés par les gouvernements de tous poils. Ils furent même admonestés, voire interdits, par des gouvernements qui supportaient mal leurs piques...
Quant on voit Hollande et ses ministres, une bande de politiciens allant de Le Pen à Valls, en passant par Sarkozy, laisser entendre en substance qu’ils seraient tous des « Charlie », cela aurait sans doute fait grincer les dents des Cabu, Charb et autres Wolinski et, on peut facilement l’imaginer, cela aurait valu des coups de crayons féroces et justifiés pour dénoncer l’imposture.
Autant nous sommes touchés par l’ignoble assassinat dont ils ont été victimes, autant on est en droit d’être écœuré par ces politiciens qui voudraient faire oublier qu’ils cautionnent d’autres massacres, en Afrique et au Moyen-Orient.

 Grandes manœuvres et mise au pas
Le gouvernement a le culot d’établir un lien entre l’engagement de l’armée française en Afrique et au Moyen-Orient et l’attentat dont a été victime l’équipe de Charlie Hebdo, pour justifier ses interventions africaines et au Moyen-Orient, pour justifier du même coup le renforcement des contrôles policiers dans certaines régions, qui risquent de rendre la vie plus difficile au quotidien à une fraction de la population laborieuse, avec une efficacité douteuse, les tragiques événements de ces derniers jours l’ont montré.
Faut pas marcher !

L’attentat contre Charlie Hebdo est exploité par des groupes d’extrême droite. Des imbéciles qu’ils inspirent s’en sont pris à des quartiers immigrés et à des mosquées.
Djihadistes intégristes et extrême droite raciste se nourrissent les uns les autres. Ceux qui attisent les haines entre les travailleurs sont nos ennemis. Des ennemis dangereux.

jeudi 8 janvier 2015

Contre un attentat barbare et contre ceux qui l’exploitent au nom de « l’unité nationale »

Lutte Ouvrière partage la profonde indignation provoquée par l’attentat commis le 7 janvier à Paris. Nous exprimons notre émotion et notre solidarité avec la rédaction de Charlie Hebdo et avec les proches des victimes, que pour certaines nous connaissions, ce qui nous touche d’autant plus.
Cet attentat est un acte ignoble. Il a visé des journalistes pour ce qu’ils ont dessiné et écrit, ainsi que ceux qui les protégeaient. Ceux qui emploient de telles méthodes ne sont pas seulement des ennemis de la liberté d’expression et de la liberté de la presse, ils sont par là même des ennemis des travailleurs, de leur liberté de s’exprimer et de s’organiser. Quelle que soit l’idéologie dont ils se réclament, leurs méthodes visent à imposer la dictature sur une population ou une fraction de population. Le terrorisme, qu’il soit employé par les États ou par des groupes cherchant à constituer un pouvoir d’État, vise à faire taire toute expression divergente, et il frappe toujours et surtout la liberté des opprimés de lutter contre l’exploitation qu’ils subissent.
En même temps, nous ne pouvons qu’être choqués par l’exploitation politique qui est faite maintenant de cet évènement par différents partis politiques et surtout par le gouvernement de François Hollande et Manuel Valls. En appelant à l’unité nationale à partir de cet événement, il cherche à restaurer dans l’opinion un crédit qu’il a largement perdu de par toute sa politique. Il veut en particulier justifier, par cet attentat attribué à ce qu’on appelle des « djihadistes », les interventions de l’armée française en Afrique et au Moyen-Orient.
En agissant ainsi et alors qu’il prétend les défendre, le gouvernement trahit la mémoire des journalistes assassinés eux-mêmes. Ils étaient non seulement des ennemis irréductibles des idéologies religieuses, mais aussi des anti-militaristes opposés à toutes les expéditions militaires. Mais de plus, par une opération qui au fond est symétrique de celle que voudraient faire les « djihadistes », le gouvernement voudrait imposer sa politique comme la seule possible. Or les manœuvres et les opérations militaires des puissances impérialistes, menées en Afrique et au Moyen-Orient pour faire prévaloir les intérêts des grandes sociétés occidentales, portent elles-mêmes une lourde responsabilité dans le développement de bandes armées sans contrôle qui agissent dans ces pays, mais qui cherchent aussi à agir ici.
C’est pourquoi Lutte Ouvrière ne participera pas à des manifestations visant à faire prévaloir une unité nationale dans laquelle pourront se retrouver différentes forces politiques, du Parti socialiste à la droite et au Front national. L’instrumentalisation de l’attentat à Charlie Hebdo de leur part, pour des objectifs auxquels les journalistes assassinés eux-mêmes étaient opposés, est indécente, sans oublier la façon dont certains de ces partis chercheront à l’exploiter dans un sens raciste et xénophobe. Il n’est pas question de nous retrouver au côté de partis qui portent une grande part de responsabilité dans la situation de crise et dans la montée de la barbarie à laquelle on assiste et dont l’attentat à Charlie Hebdo n’est qu’une manifestation de plus.
Lutte Ouvrière exprime encore une fois toute son indignation, sa solidarité avec les victimes et leurs proches, et continuera à lutter pour la liberté d’expression et de critique, à commencer par la liberté des travailleurs et de tous les exploités de lutter contre cette société capitaliste d’exploitation et d’injustice, que toute la politique de ce gouvernement vise à maintenir.
Communiqué de presse du jeudi 8 janvier 2015

mercredi 7 janvier 2015

L’attentat contre Charlie Hebdo : Un acte ignoble

Communiqué de presse de Lutte Ouvrière
Mercredi 7 janvier, une attaque à la mitraillette a pris pour cible l’hebdomadaire Charlie Hebdo lors de sa conférence de rédaction. À l’heure où nous écrivons, le bilan de l’attaque serait de 12 morts et quatre blessés graves.
Il s’agit d’un geste ignoble, quels qu’en soient les auteurs. Quelle que soit son inspiration politique, ce type d’action terroriste ne peut être le fait que d’ennemis des opprimés. Les assassinats individuels n’ont jamais fait partie des méthodes du mouvement ouvrier et au contraire, se sont toujours retournés contre les intérêts des travailleurs. L’attentat a visé des journalistes, semble-t-il choisis pour ce qu’ils ont dessiné ou écrit. Lutte Ouvrière s’élève vivement contre cet acte odieux et affirme sa solidarité avec les proches des victimes. Nous en connaissions certaines, et cela nous touche d’autant plus.

mardi 6 janvier 2015

Les hochets de Hollande

Pendant deux heures sur France-Inter, Hollande a poursuivi sa campagne pour se refaire une popularité. Il a agité deux hochets : le premier, lié à l’avenir de la planète, un classique pour des présidents qui cherchent comment faire diversion. Le second, c’est la taxe Tobin, une taxe sur les transactions financières dont on a parlé depuis des années sans que rien ne se fasse.
En ce qui concerne les travailleurs, il a brassé beaucoup d’air et prêché la patience : il faudrait juger de son bilan, c’est-à-dire du chômage, des salaires à la fin de son mandat. Les cinq millions de chômeurs et les quelques vingt millions de salariés apprécieront. Il faut souhaiter qu’ils perdront patience avant 2017.

Sur le même sujet, pour lire notre éditorial du lundi 5 janvier cliquer ICI.

jeudi 1 janvier 2015

Pour une « bonne santé », ne comptons pas sur le gouvernement !

Avec le mouvement de grève des médecins, les vœux de « bonne santé » prendront, cette année, une signification toute particulière. Car, oui, notre système de santé est en train de craquer par tous les bouts. Pour les médecins, la loi santé de Marisol Touraine, en particulier, la généralisation du tiers payant est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Le tiers payant serait une bonne chose, un soulagement, car avancer 23 euros est un obstacle pour nombre de familles. Mais, une fois de plus, le gouvernement cherche à redorer son blason avec une mesure populaire sans que cela lui coûte quelque chose. Et tout retombera sur le dos des médecins. Parmi eux, il n’y a pas que des spécialistes des dépassements d’honoraires et des sommités qui se font grassement payer. Il y a aussi les médecins traitants qui enchaînent des journées de 9 ou 10 heures et sont seuls à tout gérer. Ils craignent, en devant se faire payer par la Sécurité sociale et les quelque 300 mutuelles, des retards de paiements et un surcroît de travail administratif. Et on peut les comprendre ! Qui n’a pas été confronté aux erreurs ou aux retards de paiement de la Sécurité sociale ? Les problèmes rencontrés par les nouveaux retraités de Nord-Picardie ou du Languedoc-Roussillon pour toucher leur pension montrent assez que l’État ne donne pas aux organismes sociaux les moyens de fonctionner correctement. Alors, que les médecins traitants refusent de faire les frais d’un système qui marche de plus en plus mal est légitime. Les propos de certains médecins, jaloux de leur « liberté » et craignant « d’être transformés en salariés », sont choquants. C’est bien un préjugé de petit-bourgeois que de repousser avec horreur l’idée d’être salarié, alors qu’ils dépendent déjà, par tous les bouts, des organismes publics ! Quant à dire que le tiers payant « déresponsabilise » les patients, c’est insultant. Comme si les plus pauvres allaient voir le médecin par plaisir ! (édito LO du 29/12)
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