vendredi 18 septembre 2015
Des listes Lutte Ouvrière aux élections régionales pour faire entendre le camp des travailleurs
Comme partout en France les élections régionales seront l'occasion de faire entendre le camp des travailleurs, c'est à dire non seulement la défense des intérêts matériels et politiques du monde du travail, mais aussi d'affirmer l'existence du courant communiste révolutionnaire.
Voici la conférence de presse qui présente ces listes et qui a eu lieu mercredi dernier à Paris.
mercredi 16 septembre 2015
À propos du référendum du 20 septembre à Draveil sur la fusion des communautés de communes du Val de Seine et du Val d'Yerres :
Pourquoi Draveil
doit-elle changer de communauté d'agglomération ?
Une loi récente
oblige les communautés de communes à se regrouper pour former des
agglomérations plus importantes. C'est pourquoi l'agglomération du
Val de Seine, à laquelle appartient Draveil, se voit obliger de
fusionner avec celle du Val d'Yerres.
Quels changements ?
Faut-il s'en méfier ?
Fusionner avec
d'autres villes dans une plus vaste agglomération peut paraître
logique et même du bon sens : cela permettrait une association plus
large, donc des moyens plus importants pour réaliser des
investissements collectifs qui se justifient plus facilement à une
grande échelle. Mais ces regroupements risquent aussi d'être une
occasion d'économies faites sur le dos des services municipaux…
De plus, quel
avenir pour les communes et agglomérations qui voient leurs charges
augmenter alors même que l’État baisse ses subventions ?
Sur les tracts de la
majorité municipale, il est indiqué qu'il faut « refuser de
payer plus d'impôt », et ils expliquent que les dettes de la
communauté d'agglomération du val d'Yerres pourraient
provoquer une hausse des impôts locaux.
D'où
vient la dette des communes ?
Aujourd'hui, les
dettes des communes sont principalement le résultat de la politique
des gouvernements de gauche et de droite :
depuis des années ces gouvernements financent à fonds
perdus les grands patrons et les banques à coup de milliards d'euros,
voila ce qui creuse les déficits ! Et ils laissent les communes
se débrouiller pour financer des services nouveaux (crèches, activités
périscolaires liées à la réforme des horaires dans les écoles...) alors
même que les dotations
baissent.
Ces
dotations en baisse frappent encore plus durement les communes
populaires où le chômage est élevé. Par exemple, si Vigneux est
aujourd'hui sur-endettée c'est pour cette raison.
Alors faut-il
croire au référendum ?
Ce que nous
explique
la majorité municipale c'est qu'il suffirait de dire « non »
pour éviter tout problème, et qu'il faudrait
raisonner tout seul à Draveil, comme si nous étions un petit
village gaulois isolé du reste du pays, c'est complètement faux !
Dupont Aignant, maire de Yerres ne fait pas mieux en expliquant que tout
peut de résoudre alors que Tron, lui, hurle au désastre...
Comment croire ces notables de droite ou d'extrême droite, alors
qu'en réalité ils sont d'accord avec la politique nationale qui
consiste à faire des économies sur le dos des classes populaires
tout en baissant les impôts des grandes entreprises ?
Les travailleurs
ne doivent pas se laisser abuser par ce référendum
qui ne concerne en rien les intérêts des classes populaires.
Seules nos luttes
collectives pourront faire respecter nos intérêts.
Benoit Grisaud, ancien conseiller municipal de Draveil.
lundi 7 septembre 2015
Migrants : nos frères en humanité, nos frères de classe
L’élan de
solidarité qui se manifeste en faveur des réfugiés fait chaud au cœur.
En Allemagne où Merkel a ouvert les portes et où les réfugiés ont afflué
tout le week-end, des habitants se sont massés dans les gares pour les
accueillir avec chaleur. Ces démonstrations de sympathie feront-elles
reculer le climat d’hostilité vis-à-vis des migrants ? Il faut le
souhaiter.
En revanche, il ne faut pas être dupe des dirigeants européens.
Derrière leurs discours humanistes et l’inflexion de leur politique en
faveur des Syriens, il y a toutes sortes de calculs sordides.
En ouvrant les portes de son pays, Merkel passe presque pour une
sainte. Mais elle ne l’a fait que parce que l’afflux d’une nouvelle main
d’œuvre arrangera bien le patronat allemand ! Quant à Hollande, il se
sert de cette vague de sympathie non pas pour ouvrir les frontières mais
pour justifier les frappes aériennes contre Daesh en Syrie,
c’est-à-dire pour renforcer sa politique guerrière !
« C’est l’honneur de la France que d’avoir toujours accueilli les
persécutés », a-t-il déclaré lors de sa conférence de presse, avant
d’annoncer l’accueil de 24 000 Syriens sur les deux prochaines années.
Comparé aux 20 000 arrivés sur ce seul week-end en Allemagne, Hollande
met « l’honneur de la France » bien bas ! Bien plus bas que ses
prédécesseurs qui avaient accueilli 450 000 réfugiés espagnols en 1939
et 130 000 boat people vietnamiens et cambodgiens à partir de 1979.
Le drame migratoire n’est pas le fruit d’une catastrophe naturelle.
Il est le fruit de la politique impérialiste des grandes puissances qui
consiste à piller les pays les plus pauvres de la planète en exploitant
leurs richesses naturelles ou en les étranglant par l’endettement au
profit de la grande bourgeoisie. Il est le fruit de leurs manœuvres, de
leurs rivalités politiques, de leurs guerres.
Les dirigeants européens ont contribué à transformer une partie de la
planète en enfer pour les populations et ils font tout pour qu’elles ne
puissent pas en partir. En transformant l’Europe en forteresse, ils
portent la responsabilité des milliers de morts, noyés en Méditerranée,
asphyxiés dans les camions ou électrocutés aux abords du tunnel de la
Manche.
Et cette politique macabre va continuer. Car si les Syriens auront
officiellement droit à l’accueil, les migrants dits « économiques »
auront droit aux barbelés, aux matraques, aux expulsions. Comme si être
tué par la misère était plus acceptable qu’être tué par les bombes !
Comme si les millions d’enfants, de femmes et d’hommes condamnés à la
misère ne faisaient pas aussi partie des persécutés !
Dans toute cette affaire, où sont les intérêts des travailleurs ?
Sûrement pas de rejeter les migrants. Et ce n’est pas qu’une question
d’humanisme. Il en va de l’intérêt général de la classe ouvrière. Il en
va de son unité. Car les migrants font ou feront partie de la classe
ouvrière. Même si une fraction des réfugiés avait des vies de médecin,
d’avocat ou de commerçant dans leur pays, c’est dans leur immense
majorité une vie de prolétaire qui les attend, une vie d’exploitation,
notre vie. Et les travailleurs ont intérêt à s’en faire des alliés.
Les migrants demandent la liberté de circuler et de s’installer en
Europe. La classe ouvrière de France se doit de porter cette
revendication qui vaut pour tous les travailleurs.
Beaucoup se demandent s’il est possible d’accueillir dignement les
migrants dans le contexte de crise que l’on connaît. Mais le chômage, la
précarité, les bas salaires ne dépendent pas de la venue des immigrés.
Ils dépendent du rapport de force avec la bourgeoisie car la misère
n’existe en France et en Europe que dans la mesure où on laisse l’argent
s’accumuler dans les mains d’une minorité.
Il y a six millions de personnes qui cherchent aujourd’hui du
travail, cela n’a rien à voir avec l’arrivée des migrants. Et tous ceux
qui passent leur temps à montrer du doigt les immigrés feraient mieux de
s’en prendre aux licencieurs.
Combien de travailleurs pourraient vivre avec les 14 millions du
parachute doré du PDG d’Alcatel ? En réservant ne serait-ce que la
moitié des profits des grands groupes capitalistes à la création
d’emplois, ce sont des centaines de milliers de chômeurs qui auraient un
travail. Avec les dizaines de milliards prévus pour les Jeux
Olympiques, on pourrait construire des dizaines de milliers de
logements.
Mais pour cela, il faudrait que les travailleurs rejettent cette
fausse évidence selon laquelle « on ne peut pas accueillir toute la
misère du monde » pour proclamer « qu’on ne veut plus se saigner pour la
bourgeoisie ».
vendredi 4 septembre 2015
Un tri inhumain !
Après l’émotion
suscitée par la diffusion de la photo du petit Aylan, mort en tentant de
gagner l’Europe, Hollande a fini par émettre l’idée de « quotas » de
réfugiés par pays de l’Union européenne qu’il refusait jusque-là.
Mais dans le même temps, Hollande et Merkel demandent la mise en place de centres de tri pour séparer les réfugiés des migrants économiques. Ils tentent ainsi de distinguer, parmi les réfugiés, en fonction de l’intérêt qu’ils peuvent présenter pour les pays « d’accueil ».
Comme si tous ne voulaient pas fuir, contraints et forcés, la misère ou la guerre et le plus souvent les deux !
Mais dans le même temps, Hollande et Merkel demandent la mise en place de centres de tri pour séparer les réfugiés des migrants économiques. Ils tentent ainsi de distinguer, parmi les réfugiés, en fonction de l’intérêt qu’ils peuvent présenter pour les pays « d’accueil ».
Comme si tous ne voulaient pas fuir, contraints et forcés, la misère ou la guerre et le plus souvent les deux !
mercredi 2 septembre 2015
Le mouvement ouvrier révolutionnaire et les migrants (article LO)
En 1905, dans la revue Mouvement socialiste,
le secrétaire de la CGT de l’époque, Victor Griffuelhes, figure du
syndicalisme révolutionnaire, parlait déjà des migrations. Il le faisait
en ces termes :
«
Il faut, dit-on, défendre le sol de la patrie ! Je n’y vois pas
d’inconvénient. Mais à condition que les défenseurs soient les
propriétaires de ce sol. Or c’est le prolétaire qui, comme toujours, est
appelé à défendre le sol, malgré qu’il n’en possède aucune parcelle. Le
prolétaire est attaché au milieu où il est né, où il a grandi, mais il
ne peut l’être que par le souvenir. Dès qu’il a l’âge d’homme, il est le
plus souvent contraint de s’éloigner, allant à la recherche d’un
travail qui le fera vivre. Il s’éloigne parce que la besogne vient à
manquer ou parce que, désireux d’améliorer son sort, il a osé réclamer
un meilleur salaire. En retour, il est congédié par son patron qui le
signale à ses confrères. Il doit fuir le milieu qui l’a vu naître,
courir les villes, quémandant de l’ouvrage. Il s’arrête là où un atelier
ou un chantier lui est ouvert. Il s’installe, il travaille, il vit, il
se fait un foyer, il élève sa famille.
Le lieu où l’ouvrier travaille, là est sa patrie !... A-t-il, dans
sa course vagabonde et incertaine, traversé une frontière ? Qu’importe !
Il a quitté un lieu inhospitalier pour aller dans l’inconnu, jusqu’au
moment où il a trouvé à vendre son travail. »
Oui, la notion de patrie est un leurre pour la classe ouvrière. Les
prolétaires n’ont pas de patrie, ou s’ils en ont une, c’est le monde
entier.
affiche de mai 1968
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