Après la polémique déclenchée par Valls sur les Roms, après le drame des migrants noyés au large de Lampedusa, l’expulsion de Léonarda et la proposition honteuse de Hollande lui proposant de revenir faire ses études en France, seule, ont relancé le débat sur les frontières et l’immigration.
Le Pen crie au laxisme et dénonce une fois de plus « les pompes aspirantes de l’immigration ». Copé se convertit aux thèses les plus extrémistes du FN en proposant de revoir l’aide médicale d’État, le RSA et le droit du sol. Les deux reprochent au gouvernement de ne pas être assez dur contre les immigrés alors que la politique d’immigration des socialistes n’a rien à envier à celle de Sarkozy.
Valls se vante même du record des reconduites à la frontière battu en 2012. Combien de Léonarda ou de Khatchik dont la scolarité et l’intégration sont brutalement interrompues ? Combien de familles renvoyées dans un pays où elles sont indésirables ?
Le Pen est spécialiste pour opposer une misère à une autre, pour monter les pauvres contre de plus pauvres. Mais tous l’approuvent en disant « qu’on ne peut pas ajouter de la misère à la misère ». Comme si la misère des chômeurs et des travailleurs venait de la misère des plus pauvres !
Il ne s’agit pas de partager la misère et encore moins de choisir entre deux misères. La misère, il faut la combattre en allant chercher l’argent dans les poches des exploiteurs.
Il suffit d’aller dans les beaux quartiers où vivent les familles bourgeoises, les Arnault, Bettencourt, Peugeot pour se rendre compte qu’il y a de l’argent. L’année dernière, tous ces gens-là ont arrondi leur fortune de 30 milliards. Mais s’ils ont fait 30 milliards de plus, en pleine crise, c’est qu’ils ont appauvri d’autant les classes populaires.
Ceux qui veulent fermer les frontières et empêcher les travailleurs immigrés de circuler le font tantôt au nom de la crise, tantôt parce qu’il y a trop de chômeurs. Mais qui a plongé l’économie mondiale dans la crise si ce n’est les financiers ? Qui sont les responsables du chômage si ce n’est les licencieurs ?
Certains accusent les immigrés d’occuper des logements qui manqueraient à des Français. Mais sans eux, les millions de logements HLM n’auraient jamais vu le jour, les routes n’auraient pas été construites, les usines n’auraient pas pu tourner. Et c’est encore le cas aujourd’hui.
Ce sont les capitalistes de la finance et de l’industrie et leur rapacité qui plongent de plus en plus de travailleurs dans la misère et le chômage ici. Et ils en font autant à l’échelle du monde, car pour eux, il n’y a pas de frontières qui tiennent.
Après avoir pillé les pays pauvres au temps de la colonisation et les avoir condamnés au sous-développement, les groupes capitalistes continuent de les exploiter et de les vider de leur sang. Si des centaines de milliers de pauvres ne voient plus d’autre solution que de tenter de passer clandestinement les frontières au péril de leur vie, c’est qu’ils ne peuvent plus vivre dans leurs pays.
« Les travailleurs n’ont pas de patrie », disait Marx, tant il est vrai que le sort que le capitalisme réserve aux prolétaires est d’aller là où il y a du travail. Tant il est vrai que rien ne leur sera jamais donné, jamais assuré, pas même le droit de se faire exploiter dans le pays où ils sont nés !
La vie de beaucoup de travailleurs est celle de perpétuels nomades. Pour certains, il s’agit de faire quelques dizaines de kilomètres pour changer d’usine et de ville. Mais d’autres sont forcés de faire des milliers de kilomètres, de changer de continent, de langue et d’abandonner leurs attaches.
Aujourd’hui, des jeunes Français diplômés tentent une carrière à l’étranger, en Grande-Bretagne, aux États-Unis, à Singapour. Personne ne leur conteste ce droit. Il n’y a aucune raison d’en priver les autres travailleurs. Quels que soient sa nationalité, son origine ou ses papiers, tout travailleur doit être libre de circuler et de s’installer où il le souhaite.
Le mouvement ouvrier conscient s’est toujours affronté à tous ceux qui voulaient opposer les travailleurs les uns aux autres pour les détourner du combat à mener contre les exploiteurs. La solidarité de classe et l’internationalisme doivent constituer les valeurs de la classe ouvrière.
« Non aux expulsions », « régularisation de tous les travailleurs » font partie de ses revendications. Elles participent de la conscience des travailleurs de se considérer comme un tout et d’avoir à mener un combat commun pour se libérer et libérer toute la société de l’oppression et de la misère.
Le capitalisme a réalisé le brassage des travailleurs du monde entier. Il les a soudés dans un sort commun. Il faut que leur lutte pour s’émanciper devienne commune !
mardi 22 octobre 2013
dimanche 13 octobre 2013
jeudi 10 octobre 2013
Que dire du conseil municipal de lundi 7 octobre...
Fermeture de la halte garderie des Mazières : une information qui a du mal à passer
Il a fallu le conseil municipal pour que l'équipe de Tron lâche l'information : la fermeture a été décidée par des services départementaux (PMI) pour cause d'amiante dans les bâtiments.
Et le maire de nier tout risque pour la santé, au prétexte qu'il y a de l'amiante partout !!
Plutôt que d'expliquer et d'établir les faits la majorité actuelle a décidé d'envenimer toute discussion, toute question est rejetée avec agressivité. Bref, on ne sait démêler ce qui relève de l'incompétence ou de la parano.
Des arguments qui remontent des caniveaux
En réponse à une question posée en fin de conseil municipal sur "Pourquoi la construction d'un petit square à la place du centre social Oberkirch détruit", Tron a lamentablement utilisé le mépris des pauvres et la xénophobie à la mode chez différents politiciens, depuis Valls jusqu'à ceux d'extrême droite. Comme si la société entière était en péril il a justifié de l'urgence des travaux de clôture face aux "mouvements importants de population SDF et Roms"...
Une bonne raison pour moi de quitter ce spectacle lamentable.
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Actualité municipale
mercredi 9 octobre 2013
Manifestation des victimes de l'amiante
L'Association nationale des victimes de
l'amiante (Andeva) appelle à manifester à Paris le 12 octobre
sur le mot d'ordre : « Amiante : prévenir les
risques, punir les responsables ».
Pour l'Association des victimes de l'amiante, il ne peut y avoir
de prévention des risques si des poursuites et des sanctions pénales
ne sont pas engagées contre les responsables de sa propagation qui,
en toute connaissance des risques encourus, ont mis en danger la vie
de dizaines de milliers de personnes.
Lutte Ouvrière appelle à se joindre à cette
manifestation.
Samedi 12 octobre à 14h à
Paris
départ de la tour Montparnasse en direction de la place
Saint-Michel
Libellés :
Actualité de LO
dimanche 6 octobre 2013
lundi 30 septembre 2013
Faute de combattre la bourgeoisie, Hollande fait la guerre aux travailleurs et aux Roms (éditorial de Lutte Ouvrière du lundi 30 septembre)
Il
y a 5 millions de femmes et d’hommes privés d’emploi, 3,5
millions de mal logés, 8 millions de pauvres, dont bien des salariés
incapables de joindre les deux bouts à cause des salaires de misère.
Et qu’est-ce qui fait réagir le monde politicien ? Le
« problème Rom » !
« Ils
ne veulent pas s’intégrer »,
prétend Valls, ministre de l’Intérieur. Mais comment
pourraient-ils le faire quand ils ne savent où s’installer, quand
ils sont condamnés à vivre sur des terrains désaffectés, sans
eau, coincés entre deux voies rapides ? Comment peuvent-ils
scolariser leurs enfants quand ils sont chassés tous les trois mois
et forcés d’errer de bidonville en bidonville ?
Prétendre
que la présence de 17 000 Roms - nombre stable depuis dix ans- est
un problème insoluble pour un pays de 65 millions d’habitants, est
écœurant. Les mêmes politiciens qui reprochent aux Roms de vivre
de mendicité et de trafics leur ont interdit de gagner leur vie
dignement, en travaillant.
En
2007, lorsque la Bulgarie et la Roumanie ont rejoint l’Union
Européenne, les habitants de ces pays ont fait l’objet de lois
d’exception. À l’inverse des autres ressortissants de l’UE,
ils ont été interdits de travail, sauf à s’inscrire dans une
liste de métiers bien particuliers et à demander des dérogations.
Alors oui, par la force des choses, les Roms n’ont pas le même
mode de vie que nous !
Rappelons-nous
comment ont été traités les millions de travailleurs algériens et
marocains, alors même que le patronat était allé les chercher,
ratissant les campagnes d’Afrique du nord pour transformer ces
jeunes paysans en chair à exploiter.
Intégrés,
ils l’étaient, et ô combien ! Sans eux, les chaînes de
montage des usines d’automobiles n’auraient pas tourné, les
barrages, les routes et les logements n’auraient pas été
construits. Ils ont été à la base de la prospérité économique,
et pourtant, comment ont-ils été traités ?
Combien
d’entre eux ont dû dormir pendant des mois sur des sacs de ciment,
avant de se trouver un lit dans un dortoir sordide ? Les
bidonvilles des années 1950 et 1960, à Nanterre et ailleurs,
n’étaient pas roms, c’étaient des bidonvilles de travailleurs.
Voilà le sort que la société capitaliste réserve aux exploités.
La
différence avec les années 1950, 1960 et 1970, c’est
qu’aujourd’hui les Roms n’ont même pas le droit de se faire
exploiter puisqu’ils n’ont pas de travail. Leur seul crime est
d’être des pauvres parmi les pauvres et, dans cette société
capitaliste, cela ne pardonne pas.
Depuis
qu’il est ministre de l’Intérieur, Valls a multiplié les
expulsions de camps roms et les reconduites à la frontière,
ajoutant l’acharnement policier au dénuement. Aujourd’hui, il
accorde ses mots avec ses actes.
Le
Parti socialiste est, depuis longtemps, aussi dévoué à la
bourgeoisie que l’est la droite, mais il mettait un point d’honneur
à enrober sa politique anti-ouvrière et anti-pauvre d’un langage
vaguement teinté d’humanisme et de tolérance. Les propos de
Valls, soutenus par la plupart des dirigeants du PS et par Hollande,
montrent que même sur ce terrain, plus rien ne les distingue de la
droite ni même… de l’extrême droite.
En
faisant des Roms un « problème », Valls fouille dans les
mêmes poubelles que Le Pen, comme Sarkozy et tant d’autres hommes
de droite l’ont fait avant lui. Il renforce le Front national,
ajoute aux fantasmes sur « l’invasion rom ».
Valls
veut chasser les Roms, pour ne pas « ajouter de la
misère à la misère ». Mais on peut et on doit avoir
l’objectif de combattre la misère, de combattre le chômage, de
régler le manque de logements. Le Parti socialiste y a renoncé.
Les
dirigeants du PS ont pour politique de servir les riches, ils se
prosternent devant la bourgeoisie, devant son mode de vie, devant ses
yachts, ses millésimes, ses châteaux. Alors que c’est justement
l’oisiveté, le vol à grande échelle et le parasitisme de la
bourgeoisie qui plongent le reste de la société dans les privations
et bloquent tout progrès de la civilisation.
Dans
cette société d’exploitation, même ceux qui sont à la base de
la création des richesses, les travailleurs, sont exclus de l’accès
au progrès et au mieux-vivre. Le sont à plus forte raison les
travailleurs transformés en chômeurs, les sans-abris, les Roms,
tous les parias de la société capitaliste.
Ce
ne sont pas eux qu’il faut chasser, mais la bourgeoisie, les
parasites irresponsables qui privent la société de son humanité.
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